Polaris Raumflugzeug a été créée dans le sillage du Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR). L’entreprise s’est notamment fait connaître pour son projet d’avion spatial à propulseur aérospike « Aurora ».
Un partenariat scellé entre Polaris et Diehl Defence en 2025
En juin 2025, Polaris Raumflugzeug a ainsi scellé un accord de coopération « exclusif » avec Diehl Defence. Cet accord visait à développer un « système aéroporté de lancement et d’attaque » (AirLAS). Ce système devait associer un drone à un missile air-air IRIS-T, d’une portée de 25 km.
« Renforcer les capacités de défense du monde démocratique »
Polaris Raumflugzeug avait alors précisé ses intentions. Son objectif principal resterait de développer des avions spatiaux révolutionnaires, pour l’accès à l’espace et le vol hypersonique. L’entreprise exploiterait toutefois aussi cette technologie. L’objectif serait de « renforcer les capacités de défense du monde démocratique avec des solutions innovantes et uniques ».
Une « solution économique et opérationnelle multidomaine », selon Diehl Defence
De son côté, Diehl Defence a ainsi fait valoir l’intérêt d’un système porteur réutilisable, doté de l’IRIS-T. Ce système permettrait de proposer une « solution économique et opérationnelle multidomaine ». Il répondrait ainsi aux défis actuels de la défense aérienne terrestre.
Un tel drone devait donc compléter, voire renforcer, les capacités des systèmes IRIS-T SLS et IRIS-T SLM de l’industriel allemand.
Le Cobra 600 dévoilé au salon ILA 2026
Un an plus tard, le salon de l’aéronautique de Berlin a marqué une nouvelle étape. Lors de cette édition (ILA 2026), Polaris Raumflugzeug a dévoilé le Cobra 600. Ce drone à aile delta mesure 600 centimètres de long, d’où son appellation. Il est propulsé par deux ou quatre micro-turboréacteurs JetCat P1000-PRO, développant chacun 113 kg de poussée.
« Une rampe de lancement aéroportée », selon un responsable de Polaris
Un responsable de l’entreprise a résumé ce concept auprès de Jane’s, en juin dernier. Selon lui, il ne s’agirait pas d’un drone de combat collaboratif (CCA). L’appareil ne disposerait d’ailleurs d’aucun capteur propre. Il s’agirait plutôt, selon lui, d’« une rampe de lancement aéroportée ».
Un concept proche du drone russe Geran-2
Le seul capteur du Cobra 600 reste ainsi l’autodirecteur infrarouge du missile IRIS-T lui-même. Ce concept opérationnel resterait proche de celui développé par les forces russes, il y a quelques mois. Ces dernières avaient en effet mis au point un drone Geran-2. Il s’agit d’une version russe du Shahed 136 iranien, doté d’un missile air-air R60 à guidage infrarouge. L’ordre de tir y était donné par le télépilote.
À noter qu’Airbus a récemment dévoilé un concept similaire, le Bird of Sprey. Ce drone Do-DT25 peut emporter quatre missiles Mark I, produits par Frankenburg Technologies, pour intercepter des munitions téléopérées (MTO).
Un premier vol réussi le 21 août
Quoi qu’il en soit, le Cobra 600 vient d’effectuer son vol inaugural avec succès. Polaris Raumflugzeug l’a annoncé via LinkedIn, le 21 août. Selon l’entreprise, ce premier vol s’est déroulé sur « une distance de plus de 20 km ». D’autres vols d’essai seront réalisés dans les mois à venir.
Un aéronef de plus de 600 kg au décollage
Un coût maîtrisé pour intercepter des cibles en haute altitude
Le Cobra 600 pourrait s’avérer utile pour intercepter des objets évoluant en très haute altitude. Cela concerne notamment des missiles ou des aérostats. Cela pourrait se faire sans prendre trop de risque, à un coût maîtrisé.
Pour le moment, le concept AirLAS n’a toutefois fait l’objet d’aucun contrat. Le ministère allemand de la Défense ne s’est pas encore engagé sur ce dossier. Selon Diehl Defence, au moins un pays étranger aurait néanmoins fait part de son intérêt. Reste à voir lequel.
Ce qu'il faut retenir
- Le drone Cobra 600, développé par Polaris Raumflugzeug et Diehl Defence, a réussi son premier vol le 21 août. Ce vol a couvert plus de 20 km.
- Ce drone à aile delta de 6 mètres de long est conçu comme une rampe de lancement aéroportée. Il ne possède aucun capteur propre.
- Son concept opérationnel se rapproche de celui du drone russe Geran-2, équipé d’un missile air-air à guidage infrarouge.
- Le projet AirLAS n’a pas encore été commandé par l’Allemagne, mais au moins un pays étranger aurait manifesté son intérêt.
- Ce drone pourrait permettre d’intercepter, à moindre coût, des cibles évoluant en très haute altitude.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le drone Cobra 600 ?
C’est un drone à aile delta de 6 mètres de long, développé par l’entreprise allemande Polaris Raumflugzeug avec Diehl Defence. Il est conçu comme une rampe de lancement aéroportée, pour des missiles air-air IRIS-T.
Le Cobra 600 dispose-t-il de capteurs propres ?
Non, selon un responsable de Polaris, l’appareil ne dispose d’aucun capteur propre. Son seul système de guidage repose sur l’autodirecteur infrarouge du missile IRIS-T qu’il transporte.
Qu'est-ce que le projet AirLAS ?
C’est un système aéroporté de lancement et d’attaque. Il est développé conjointement par Polaris Raumflugzeug et Diehl Defence, associant un drone porteur à un missile air-air IRIS-T d’une portée de 25 km.
Le Cobra 600 a-t-il déjà été commandé par l'Allemagne ?
Non, ce concept n’a pour l’instant fait l’objet d’aucun contrat de la part du ministère allemand de la Défense. Au moins un pays étranger aurait toutefois manifesté son intérêt, selon Diehl Defence.









