Selon la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-30 actualisée, un objectif chiffré a été fixé. Quarante-sept Rafale F5 devront avoir été livrés à l’armée de l’Air et de l’Espace, d’ici 2035. Ces avions sont destinés plus précisément aux Forces aériennes stratégiques (FAS). Le temps reste donc compté, pour concevoir, développer et tester ce nouveau standard.
« Une entrée en service entre 2033 et 2035 », selon Dassault Aviation
Lors de la présentation de ses résultats semestriels, en juillet, Dassault Aviation a fait le point sur ce dossier. L’entreprise mène toujours l’étude de levée de risque, notifiée par le ministère des Armées en 2023. Elle prépare aussi la contractualisation du marché F5. L’objectif reste « une entrée en service entre 2033 et 2035 ».
Un premier contrat pour le drone de combat associé
Quant au drone de combat censé accompagner ce Rafale, un premier contrat existe déjà. Celui-ci a été notifié à Dassault Aviation, en 2024.
« Plusieurs contrats notifiés », selon Olivia Pénichou
Le développement du Rafale F5 concerne toutefois d’autres industriels de premier plan. Un point presse hebdomadaire du ministère des Armées s’est tenu à ce sujet. La déléguée à l’information et à la communication de la Défense, Olivia Pénichou, y a fait une annonce. Cet été, selon elle, « la Direction générale de l’armement avait notifié plusieurs contrats » à ces industriels. Cette anticipation vise le lancement de la réalisation du standard F5.
Ces contrats concernent notamment le moteur, confié à Safran Aircraft Engines. Le radar, développé par Thales, en fait aussi partie, tout comme la suite d’autoprotection, assurée par Thales et MBDA.
Un financement enfin prévu pour le futur moteur
Initialement, la LPM 2024-30 n’avait pas prévu de financement pour le futur moteur du Rafale F5. Sa version actualisée a corrigé ce point. En juin 2025, Safran Aircraft Engines avait toutefois fait une annonce. Des études de levée de risques auraient été lancées, préalables au développement d’une évolution du moteur M88.
Cette évolution, baptisée M88 T-REX, devait « capitaliser sur la fiabilité et les performances éprouvées du M88 ». Sa poussée serait augmentée à 9 tonnes, avec post-combustion.
« C'est un défi », selon Emmanuel Chiva
La mise au point de ce nouveau réacteur s’annonce toutefois difficile. Avec le T-REX, l’objectif est de passer de 7,5 à 9,5 tonnes de poussée. Le niveau de performance du Rafale devrait être conservé. Cela vaudrait dans les configurations les plus lourdes, sans compromis sur son rayon d’action. Emmanuel Chiva occupe aujourd’hui la présidence de l’ONERA. Il était alors Délégué général pour l’armement, et avait résumé la situation ainsi : « c’est un défi ».
Le RBE2 XG, un radar aux composants en nitrure de gallium
Le radar concerné est le RBE2 XG. Il utilisera des composants en nitrure de gallium (GaN), lui donnant une puissance de calcul accrue. Sa capacité de détection serait supérieure de 70 %. Cette amélioration vaudrait par rapport à l’actuel RBE2 du Rafale, dont le fonctionnement repose sur des modules à l’arséniure de gallium (GaA).
Le Système de protection et d’évitement des conduites de tir du Rafale (SPECTRA) passera, lui, au tout numérique en détection.
Le mode « silent killer » de l'OSF pourrait aussi être concerné
Pour l’instant, la DGA n’a pas donné le détail des contrats notifiés. Il n’est toutefois pas impossible que l’optronique secteur frontal (OSF) soit aussi concernée, ce système restant complémentaire du RBE2 XG. Il disposera d’un mode « silent killer ». Ce mode permettra de détecter des cibles potentiellement furtives en infrarouge, et de tirer un missile.
Un avion qui n'aura rien à voir avec ses prédécesseurs
Toutes ces évolutions feront du Rafale F5 un appareil bien différent de ses prédécesseurs, Rafale F4 compris.
« Un jalon essentiel », selon le général Bellanger
Le général Jérôme Bellanger dirige l’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace. Il avait résumé l’enjeu lors d’une audition au Sénat, en mai dernier. Selon lui, « le standard F5 est un jalon essentiel pour nous ». Il s’agirait presque d’un nouvel avion, tant l’amélioration porterait sur les moteurs, les capteurs et les effecteurs.
Ce standard marquerait aussi un changement de paradigme, autour de la connectivité et de l’ouverture du système. Cette évolution garantirait sa capacité à évoluer dans le temps. Une puissance de calcul accrue en découlerait aussi, pour le traitement des données.
Ce qu'il faut retenir
- La DGA a notifié ses premiers contrats industriels pour le Rafale F5. Le moteur, le radar et la suite d’autoprotection sont concernés.
- Le nouveau moteur M88 T-REX doit porter la poussée à 9 tonnes, un défi technique reconnu par l’ancien Délégué général pour l’armement.
- Le radar RBE2 XG utilise des composants en nitrure de gallium. Il offrira une capacité de détection supérieure de 70 % à l’actuel RBE2.
- Le drone de combat associé au Rafale F5 a déjà fait l’objet d’un premier contrat. Celui-ci a été notifié à Dassault Aviation, dès 2024.
- Le Rafale F5 doit entrer en service entre 2033 et 2035. Quarante-sept exemplaires sont attendus par les Forces aériennes stratégiques, d’ici 2035.
Questions fréquentes
Quand le Rafale F5 doit-il entrer en service ?
Selon Dassault Aviation, l’entrée en service du Rafale F5 est prévue entre 2033 et 2035. L’objectif reste de livrer 47 exemplaires aux Forces aériennes stratégiques, d’ici 2035.
Quelles sont les principales évolutions techniques du Rafale F5 ?
Le Rafale F5 bénéficiera d’un nouveau moteur M88 T-REX plus puissant. Un radar RBE2 XG, à capacité de détection accrue, en fera aussi partie, ainsi qu’une suite d’autoprotection SPECTRA passant au tout numérique.
Pourquoi le développement du moteur M88 T-REX est-il qualifié de défi ?
Selon l’ancien Délégué général pour l’armement Emmanuel Chiva, un double objectif est visé. La poussée doit augmenter de 7,5 à 9,5 tonnes, tout en conservant les performances du Rafale dans ses configurations les plus lourdes, sans réduire son rayon d’action.
Quels industriels participent au développement du Rafale F5 ?
Outre Dassault Aviation, plusieurs industriels sont impliqués. Safran Aircraft Engines s’occupe du moteur, Thales du radar, tandis que Thales et MBDA se partagent la suite d’autoprotection.









