Lors du lancement du programme Joint Strike Fighter, l’US Air Force avait une ambition claire. Elle souhaitait acquérir 1 763 chasseurs-bombardiers F-35A, auprès de Lockheed Martin. L’objectif était de remplacer ses F-16, ses A-10 Warthog, ainsi qu’une partie de ses F-15. Il n’est toutefois pas certain que ce plan aille jusqu’à son terme.
« Les coûts exorbitants du cycle de vie du F-35 », selon Will Roper
En janvier 2021, Will Roper occupait un poste précis. Il était alors secrétaire à l’Air Force pour la technologie et les acquisitions. Il avait estimé qu’il valait probablement mieux réduire les achats de F-35A. L’objectif serait de financer le développement d’un avion de combat de 6e génération. Ce dernier s’inscrit dans le cadre du programme NGAD (Next Generation Air Dominance), confié depuis à Boeing. Selon lui, « les coûts exorbitants du cycle de vie du F-35 » rendraient d’autant plus important ce programme NGAD. Il avait aussi avancé l’idée d’acquérir des F-16 Block 70/72 « Viper », la dernière version disponible de cet avion.
« Construire quelque chose de nouveau », selon le général Brown
Le général Charles Brown était alors chef d’état-major de l’US Air Force. Il allait presque dans le même sens, mais pour des raisons différentes. Il avait expliqué qu’il faudrait sans doute acquérir des avions de génération 4,5. Des études étaient alors en cours, pour explorer cette voie. Selon lui, un objectif personnel guidait sa réflexion. Il souhaitait pouvoir « construire quelque chose de nouveau et de différent qui ne soit pas le F-16 ».
Une flotte de F-16 vieillissante à remplacer
Cinq ans plus tard, le débat reste encore ouvert. L’US Air Force a l’intention de disposer de 1 558 avions de combat, à l’horizon 2035. La difficulté est qu’elle doit aussi remplacer ses appareils les plus anciens. Le F-16 en fait partie, avec 826 exemplaires encore en dotation. La moyenne d’âge de cette flotte, intensivement sollicitée, atteint trente-quatre ans. Les exemplaires les plus récents ont été livrés en 2005.
Une nouvelle commande envisagée, vingt-six ans après la dernière
Dans ces conditions, selon Aviation Week et Air & Space Forces Magazine, une nouvelle commande de F-16 serait désormais envisagée. Cela interviendrait vingt-six ans après la dernière commande passée à Lockheed Martin. Il s’agirait ainsi de combler rapidement des lacunes capacitaires, à un coût inférieur à celui du F-35.
« Accroître la production d'avions de chasse », selon Aviation Week
Cette réflexion ferait suite à une étude de 2025. Cette dernière aurait mis en évidence une nécessité claire, résumée par Aviation Week : « accroître la production d’avions de chasse pour pallier les pénuries ». L’US Air Force aurait ainsi besoin de davantage d’appareils sur ses lignes de production. L’objectif serait de remplacer ses F-16 plus rapidement que Lockheed Martin ne peut produire les F-35.
Une logique similaire à celle du F-15EX Eagle II
Pour résumer à grands traits, l’US Air Force suivrait la même logique que celle du programme F-15EX Eagle II. Ce dernier vise à remplacer les versions précédentes du F-15. En clair, il s’agirait d’acquérir des F-16 neufs. Ces derniers seraient dotés de capacités supérieures à celles offertes par le standard Block 70/72 « Viper ».
Le F-16G, une nouvelle version proposée par Lockheed Martin
Toujours selon Aviation Week, Lockheed Martin aurait proposé le F-16G. Cette nouvelle version disposerait d’une plus grande autonomie. Le système de guerre électronique intégré « Viper » (IVEWS, aussi connu sous l’appellation AN/ALQ-257) en ferait aussi partie. Un dispositif de recherche et de poursuite infrarouge (IRST) compléterait ces équipements. Une nacelle de ciblage LITENING LA s’y ajouterait aussi.
« Pas ceux de votre grand-père », selon une source d'Air&Space Forces Magazine
Une source d’Air&Space Forces Magazine a résumé la situation en une formule frappante. Selon elle, « si l’US Air Force doit acquérir de nouveaux F-16, ce ne serait pas ceux de votre grand-père ». Cette solution resterait judicieuse, selon elle. L’état actuel des F-16 en service justifierait ce choix, tout comme les difficultés de Lockheed Martin et de Boeing à produire les F-35A et les F-15EX.
Ce qu'il faut retenir
- L’US Air Force envisagerait une nouvelle commande de F-16, vingt-six ans après la dernière, pour combler rapidement des lacunes capacitaires.
- Cette réflexion ferait suite à une étude de 2025. Cette étude met en évidence des pénuries d’avions de chasse face aux capacités de production actuelles.
- Le F-16G proposé par Lockheed Martin offrirait des capacités supérieures au standard Viper actuel. Cela vaudrait notamment en matière de guerre électronique et de détection infrarouge.
- Cette approche suivrait la même logique que le programme F-15EX Eagle II. L’US Air Force miserait ainsi sur des versions modernisées d’avions existants, plutôt qu’un nouveau développement.
- La flotte actuelle de F-16 américains, vieille de trente-quatre ans en moyenne, justifierait l’urgence de cette réflexion.
Questions fréquentes
Pourquoi l'US Air Force envisage-t-elle d'acheter de nouveaux F-16 ?
Face aux difficultés de Lockheed Martin à produire suffisamment de F-35A, un problème se pose. Les F-16 vieillissants ne peuvent pas être remplacés assez rapidement, poussant l’US Air Force à envisager une nouvelle commande de F-16, pour combler ses lacunes capacitaires à moindre coût.
Qu'est-ce que le F-16G proposé par Lockheed Martin ?
C’est une nouvelle version du F-16, offrant une plus grande autonomie. Un système de guerre électronique intégré, un dispositif de recherche et de poursuite infrarouge, ainsi qu’une nacelle de ciblage LITENING LA, complètent cet appareil.
Depuis combien de temps l'US Air Force n'a-t-elle pas commandé de nouveaux F-16 ?
La dernière commande de F-16 par l’US Air Force remonte à environ vingt-six ans. La flotte actuelle affiche une moyenne d’âge de trente-quatre ans, avec les exemplaires les plus récents livrés en 2005.
En quoi cette approche ressemble-t-elle au programme F-15EX Eagle II ?
Comme pour le F-15EX, il s’agirait d’acquérir des versions modernisées d’un avion existant. Cette approche permettrait de combler rapidement des besoins capacitaires urgents, à moindre coût, plutôt que de développer un nouvel appareil.










