L’Inde et le Pakistan s’accusent mutuellement en mer d’Arabie

Collision Inde Pakistan mer arabie

En juin 2011, New Delhi et Islamabad avaient déjà eu des échanges acrimonieux. Une collision était alors survenue entre deux navires. La frégate lance-missiles indienne INS Godavari et le destroyer pakistanais PNS Babur étaient concernés, lors d’une mission de lutte contre la piraterie, dans le golfe d’Aden.

La collision du MV Suez, sans conséquence durable

À l’époque, les deux navires s’étaient approchés d’un navire commercial, le MV Suez. Ce dernier venait d’être libéré par des pirates somaliens, afin de prendre en charge son équipage. Au cours de sa manœuvre, le PNS Babur avait heurté l’INS Godavari. Des tensions diplomatiques en avaient résulté, mais celles-ci n’eurent guère de conséquence.

Un nouvel incident au large d'Oman, le 15 septembre

L’incident survenu à environ 120 nautiques au large d’Oman, le 15 septembre, en aura-t-il, lui ? La réponse reste incertaine, à ce stade.

L'Inde accuse le PNS Hunain d'une collision délibérée

Les autorités indiennes ont accusé la corvette pakistanaise PNS Hunain, de classe Yarmook, d’un déplacement de 2 600 tonnes. Selon elles, ce navire serait sciemment entré en collision avec un bâtiment de l’Indian Navy. Ce dernier n’a pas été identifié par New Delhi. Ce bâtiment effectuait, selon les autorités indiennes, une mission de routine dans les eaux internationales de la mer d’Arabie.

« La plus grande prudence », exige New Delhi

Selon la presse indienne, New Delhi aurait adressé une protestation ferme aux autorités pakistanaises. Cette dernière dénoncerait la conduite jugée inacceptable du PNS Hunain. Ce dernier aurait d’ailleurs été endommagé lors du choc. Les informations à ce sujet restent toutefois contradictoires. Le navire indien, un destroyer selon The Print, n’aurait quant à lui subi aucun dommage.

Le chargé d’affaires du Pakistan aurait été invité à transmettre un message précis aux autorités pakistanaises. Il s’agirait de « la nécessité pour toutes les unités militaires de faire preuve de la plus grande prudence ». C’est ce qu’a indiqué le ministère indien des Affaires étrangères. Ce dernier appelle aussi au respect des accords existants entre les deux pays.

Un accord de 1991 sur la distance minimale entre navires

Les accords en question ont été signés en avril 1991, par New Delhi et Islamabad. Ils concernent les exercices militaires et les mouvements de troupes. Ils stipulent notamment que les navires indiens et pakistanais doivent maintenir une distance de trois nautiques entre eux. Côté indien, on estimerait que le PNS Hunain aurait directement violé cette disposition.

Islamabad dénonce une « action provocatrice » de l'Inde

Cela étant, Islamabad a réfuté cette version des faits. Le Pakistan a plutôt dénoncé une action jugée hautement provocatrice. Celle-ci proviendrait, selon Islamabad, d’un navire de la marine indienne, présent dans sa zone économique exclusive (ZEE).

Dans un communiqué, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a expliqué que l’exercice Seaspark-29 était en cours. Un navire indien serait en cause, qui serait le destroyer lance-missiles INS Kolkata. Celui-ci affiche un déplacement de 7 200 tonnes. Il aurait alors mené une « action hautement provocatrice et inacceptable de la part d’un navire de la marine indienne », ayant entraîné un contact entre les deux bâtiments. Islamabad a, à son tour, convoqué le chargé d’affaires de l’Inde au Pakistan. L’objectif était de lui remettre une note de protestation.

Qui dit la vérité ? Aucune preuve produite par les deux parties

Qui dit la vérité dans cette affaire ? Pour le moment, les deux parties n’ont produit aucun élément de preuve, pour étayer leurs accusations respectives. Chacune se renvoie la responsabilité de cet incident. Il reste ainsi peu probable qu’une enquête soit ouverte, tant à New Delhi qu’à Islamabad.

« Les deux opinions publiques sont mobilisées », selon un analyste

Reste à voir si cette confrontation en mer aura ou non des suites. Les relations entre les deux capitales restent en effet beaucoup plus tendues qu’il y a quinze ans. Muhammad Shareh Qazi est analyste en sécurité et affaires maritimes, basé à Lahore. Selon lui, « les deux opinions publiques sont mobilisées après le conflit de l’année dernière », en référence à l’opération Sindoor. Ce n’était pas le cas en 2011, selon lui.

Ce qu'il faut retenir

  • Un incident naval s’est produit le 15 septembre, au large d’Oman. Une corvette pakistanaise et un navire de la marine indienne sont concernés, chaque pays accusant l’autre.
  • L’Inde affirme que le PNS Hunain serait entré sciemment en collision avec l’un de ses navires. Le Pakistan dénonce, de son côté, des manœuvres agressives de l’INS Kolkata.
  • Les deux pays ont convoqué mutuellement leurs chargés d’affaires, sans qu’aucune preuve n’ait été produite à ce stade pour étayer leurs accusations respectives.
  • Un précédent similaire, en 2011, entre l’INS Godavari et le PNS Babur, n’avait pas eu de conséquence durable sur les relations bilatérales.
  • Cet incident intervient dans un contexte de tensions accrues entre l’Inde et le Pakistan, après le conflit de l’année dernière lié à l’opération Sindoor.

Questions fréquentes

Que s'est-il passé entre les marines indienne et pakistanaise le 15 septembre ?

Une collision ou un contact s’est produit au large d’Oman. La corvette pakistanaise PNS Hunain et un navire indien, identifié par Islamabad comme étant le destroyer INS Kolkata, sont concernés. Chaque pays accuse l’autre d’en être responsable, sans preuve produite à ce jour.

C’est une opération militaire indienne, lancée le 7 mai 2025. Elle intervenait en représailles à un attentat terroriste commis à Pahalgam, le 22 avril. L’Inde a frappé plusieurs sites liés à des groupes terroristes, en territoire pakistanais. Quatre jours d’affrontements militaires ont suivi, avant qu’un cessez-le-feu ne soit conclu, le 10 mai.

Oui, en juin 2011, une collision était survenue entre la frégate indienne INS Godavari et le destroyer pakistanais PNS Babur. Cet incident, survenu lors d’une mission de lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden, n’avait pas eu de conséquence durable sur les relations bilatérales.

Cet accord, signé en avril 1991, stipule notamment une règle précise. Les navires militaires indiens et pakistanais doivent maintenir une distance minimale de trois nautiques entre eux, lors de leurs déplacements respectifs.

Selon un analyste basé à Lahore, les opinions publiques des deux pays restent aujourd’hui bien plus mobilisées qu’en 2011. Cela s’expliquerait par le conflit survenu l’année dernière, lors de l’opération Sindoor.

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