Le 16 septembre, le ministère sud-coréen de la Défense a organisé un événement inédit. Il s’agit du « Salon des technologies de drones de défense », pour la première fois. Cet événement s’est tenu sur le terrain d’entraînement de Seungjin, à Pocheon. L’objectif était de permettre aux industriels locaux d’effectuer des démonstrations, dans des conditions aussi proches que possible de la réalité. Environ 1 500 visiteurs y assistaient. Des experts civils et militaires en faisaient partie, tout comme des représentants de l’industrie de défense venus d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.
Plusieurs drones en échec sur les douze présentés
Ce qui devait être une démonstration des technologies développées par les industriels sud-coréens a toutefois viré au fiasco. Plusieurs drones, sur les douze systèmes présentés, ont manqué la mission qui leur avait été assignée. D’autres se sont même écrasés, peu après leur décollage.
Lors de la démonstration, un incident notable s’est produit. Un petit drone à réaction, développé par Korea Aerospace Industries (KAI), se serait écrasé au sol « immédiatement après le décollage ». Un drone d’attaque, conçu par un sous-traitant de la défense, aurait aussi connu des problèmes en vol. Il se serait, lui aussi, écrasé peu après. Des dysfonctionnements auraient également affecté un essaim de drones à voilure tournante. Un missile air-sol guidé, tiré par drone, aurait par ailleurs manqué sa cible. C’est ce qu’a résumé le Maeil Kyongje, le principal quotidien financier sud-coréen. Pourtant, selon cette même source, les répétitions, tenues au même endroit, n’auraient donné lieu à aucun problème.
« Cela fait partie du processus », relativise un responsable militaire
Cela étant, un responsable militaire a relativisé la portée de ces déconvenues. Les produits de certaines entreprises n’auraient pas réussi leur démonstration, selon lui. Il ne faudrait toutefois pas y voir un échec, selon lui. « Cela fait partie du processus de développement d’une meilleure technologie », a-t-il confié à la presse locale.
Toujours est-il que le ministère sud-coréen de la Défense a ouvert une enquête. La piste privilégiée resterait celle d’interférences, dans les fréquences utilisées par les drones en question. Le public venu assister aux démonstrations aurait engendré ces interférences.
Un doute légitime sur l'intérêt de ces drones au combat
Or, de simples perturbations dues à des téléphones portables ont pu provoquer ces incidents. Une question légitime se pose alors. On peut en effet douter de l’intérêt réel de ces drones en situation de combat. Cela vaudrait notamment quand l’adversaire utilise des moyens de guerre électronique autrement plus puissants.
Cela étant, explique le Seoul Economic Daily, un fait technique mérite d’être souligné. En Corée du Sud, les drones de petite taille peuvent voler sur des fréquences comprises entre 2,4 et 5,8 GHz. Aucune autorisation gouvernementale particulière ne serait requise. Or, les appareils Wi-Fi, Bluetooth et domotiques utiliseraient aussi ces fréquences. Cela augmenterait, selon lui, « le risque d’interférences et de perturbations radio ». Leur altitude de vol resterait par ailleurs limitée, à environ 1 kilomètre, dans une bande de fréquences déjà saturée. Un projet de loi doit d’ailleurs être examiné, afin de régler ce problème.
Quoi qu’il en soit, ce revers est survenu trois semaines après un précédent incident. La marine sud-coréenne l’avait subi depuis le navire d’assaut amphibie ROKS Marado. Le 25 août, deux munitions téléopérées de taille moyenne s’étaient en effet abîmées en mer, peu après leur décollage. L’enquête aurait alors déterminé qu’un défaut de leur tube de lancement était à l’origine de cet incident.
Ce qu'il faut retenir
- Un salon de drones militaires sud-coréen a viré au fiasco le 16 septembre. Plusieurs des douze systèmes présentés ont échoué, ou se sont écrasés.
- Le ministère de la Défense privilégie la piste d’interférences radio, provoquées par le public présent lors de la démonstration.
- Ce fiasco relance les doutes sur la résistance réelle de ces drones. Cela vaudrait notamment face à des moyens de guerre électronique plus puissants, en situation de combat.
- Les petits drones sud-coréens partagent leurs fréquences avec le Wi-Fi et le Bluetooth, augmentant le risque d’interférences.
- Cet incident survient trois semaines après un autre revers subi par la marine sud-coréenne, avec des munitions endommagées en mer depuis le ROKS Marado.
Questions fréquentes
Que s'est-il passé lors du salon de drones militaires sud-coréen du 16 septembre ?
Plusieurs des douze systèmes de drones présentés lors de cette démonstration ont échoué leur mission, ou se sont écrasés peu après leur décollage. Cela a transformé l’événement en fiasco, devant environ 1 500 visiteurs internationaux.
Quelle est la cause probable de ces échecs de drones en Corée du Sud ?
Le ministère de la Défense privilégie la piste d’interférences radio. Les appareils électroniques du public présent en seraient à l’origine, les petits drones utilisant des fréquences partagées avec le Wi-Fi et le Bluetooth.
Pourquoi cet incident soulève-t-il des questions sur l'usage militaire réel de ces drones ?
Si de simples téléphones portables ont pu perturber ces drones, une inquiétude légitime existe. Leur résistance face à des moyens de guerre électronique bien plus puissants, utilisés par un adversaire en situation de combat réel, reste incertaine.
Un autre incident a-t-il récemment touché la marine sud-coréenne ?
Oui, le 25 août, deux munitions téléopérées de taille moyenne se sont endommagées en mer. Cet incident s’est produit peu après leur décollage depuis le navire d’assaut amphibie ROKS Marado, un défaut du tube de lancement ayant été identifié comme cause.









