Avion de combat : le ministère allemand préfère la Suède au GCAP

Selon des notes internes, le ministère allemand de la Défense préférerait coopérer avec la Suède et l’Espagne plutôt que rejoindre le GCAP.
Un Saab Gripen E en vol, laissant derrière lui des traînées de fumée bleue et jaune

Le ministère allemand de la Défense préférerait une coopération avec la Suède et l’Espagne pour développer un nouvel avion de combat, plutôt que d’adhérer au GCAP. Selon des notes internes que Politico a évoquées, cette option serait « plus avantageuse et prometteuse ». Toutefois, cette évaluation ne constitue pas une décision du gouvernement. En outre, elle n’indique pas que le ministre Boris Pistorius l’a approuvée.

À lire aussi : Aviation de combat suédoise : Stockholm accélère son propre programme national

Après la fin du NGF, trois options pour Berlin

En juin, l’industrie aérospatiale allemande a obtenu la fin de la coopération avec Dassault Aviation sur le NGF (New Generation Fighter). Cet avion devait occuper le centre du Système de combat aérien du futur (SCAF), que la France, l’Allemagne et l’Espagne menaient ensemble. Aussitôt, huit industriels allemands, emmenés par Airbus Defence & Space GmbH, ont annoncé la création d’un consortium, la « Team Gen 6 ». Il doit développer un avion de combat de 6e génération. En Espagne, six entreprises, sous la houlette de la filiale espagnole d’Airbus Defence & Space, ont aussi signé une déclaration pour « faire progresser le développement d’un avion de combat ». Cette initiative pourrait rejoindre la Team Gen 6.

La France, elle, s’apprête à lancer son programme d’avion de combat du futur (ACF), sans chercher forcément de coopérations « structurelles ». Berlin, en revanche, n’a encore rien décidé. Trois options existent : faire cavalier seul avec la Team Gen 6, rejoindre le Global Combat Air Programme (GCAP) du Royaume-Uni, de l’Italie et du Japon, ou se rapprocher de la Suède et de Saab.

Une proposition britannique et des réserves allemandes

Début octobre, lors d’une visite officielle à Berlin, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a formellement proposé à l’Allemagne de rejoindre le GCAP. « C’est quelque chose que nous souhaitons faire avancer dans la période à venir », a-t-il déclaré, selon l’agence dpa. Ensuite, des sources gouvernementales allemandes ont indiqué que les ministres de la Défense des deux pays devaient examiner les modalités d’une éventuelle coopération.

Toutefois, le GCAP a déjà figé son architecture industrielle, autour du consortium Edgewing. Y intégrer l’Allemagne serait donc compliqué. D’ailleurs, selon les notes que Politico a évoquées, le ministère allemand n’est pas très favorable à cette adhésion.

Ce que reprochent les notes internes au GCAP

Selon cette évaluation, le GCAP ne correspond pas aux besoins opérationnels de l’Allemagne. De plus, il serait difficile aux industriels allemands de se faire une place au sein d’Edgewing. Enfin, le texte met en avant une « expérience négative » avec BAE Systems dans le programme Eurofighter. La note accuse l’industriel britannique de privilégier les exportations, aux dépens des intérêts allemands et italiens. Selon elle, une « domination britannique serait incompatible avec un partenariat équilibré ».

Une coopération avec la Suède et l’Espagne

En revanche, l’Allemagne partagerait des « exigences militaires » assez proches de celles de la Suède et de l’Espagne. La note recommande donc une coentreprise entre Airbus et Saab. Elle suggère aussi d’utiliser le Gripen E comme tremplin technologique pendant le développement d’un avion de nouvelle génération.

Un tel scénario servirait les intérêts de l’industrie aérospatiale allemande. Dans un entretien au quotidien Handelsblatt, Michael Schöllhorn, PDG d’Airbus Defence & Space, a d’ailleurs salué ses « bonnes relations » avec son homologue suédois. Pour rappel, la Suède travaille déjà sur un avion de combat de nouvelle génération, dans le cadre du projet KFS. Côté français, la France maintient le cap sur son propre avion de combat. Les citations de cet article sont des traductions.

Ce qu’il faut retenir

  • Selon des notes internes, le ministère allemand de la Défense recommande une coopération avec la Suède et l’Espagne.
  • Ainsi, il juge cette option plus avantageuse que l’adhésion au GCAP.
  • Toutefois, cette évaluation n’est pas une décision du gouvernement, et Boris Pistorius ne l’a pas approuvée.
  • Par ailleurs, la note suggère une coentreprise Airbus-Saab, avec le Gripen E comme tremplin technologique.
  • Enfin, le Royaume-Uni a formellement proposé à l’Allemagne de rejoindre le GCAP.

Questions fréquentes

Que recommande le ministère allemand de la Défense ?

Selon des notes internes que Politico a évoquées, il recommande une coopération avec la Suède et l’Espagne pour développer un avion de combat de nouvelle génération.

Non. L’évaluation ne constitue pas une décision définitive du gouvernement, et le ministre Boris Pistorius ne l’a pas approuvée.

Selon les notes, le GCAP ne correspond pas aux besoins opérationnels allemands. De plus, il serait difficile aux industriels allemands de s’y faire une place, au sein du consortium Edgewing.

C’est un consortium de huit industriels allemands, emmenés par Airbus Defence & Space GmbH, pour développer un avion de combat de 6e génération.

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