Second porte-avions : environ 30 % moins cher que le France Libre

Porte-avions Charles de Gaulle

Un second porte-avions de nouvelle génération, construit à la suite du France Libre, coûterait environ 30 % de moins que ce dernier, hors infrastructures. C’est l’estimation du député Yannick Chenevard, rapporteur pour avis sur le programme 178 « Préparation et emploi des forces » (volet Marine), rapportée par OPEX360. Ce chiffre reste à préciser. Le gouvernement doit remettre des études de coûts au Parlement en 2028, conformément à la loi de programmation militaire 2024-2030.

À lire aussi : Porte-avions : Trump abandonne les catapultes électromagnétiques, sans remettre en cause les plans français

La permanence d’alerte aéronavale en jeu

Depuis le retrait du Foch et du Clemenceau, la question de doter la Marine nationale de deux porte-avions revient régulièrement. Par exemple, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, l’a posée de nouveau l’an passé. « Un outil de combat qui est disponible 65 % du temps, ce n’est pas l’idéal », a-t-il expliqué aux sénateurs. Pour disposer d’une permanence d’alerte, il faut en effet au moins deux porte-avions.

De plus, l’amiral Christophe Cluzel, chef d’état-major de la Marine nationale, a souligné que ce format serait atteint entre 2036 et 2038, quand le France Libre entamera ses essais à la mer. On ne saura qu’après le prochain arrêt technique majeur (ATM) si le Charles de Gaulle peut servir au-delà de cette période. Cet arrêt doit préciser l’état des cuves de ses deux réacteurs K15 et de ses structures les plus exposées à l’usure et à la corrosion.

Prolonger le Charles de Gaulle, une solution temporaire

Selon Yannick Chenevard, le Charles de Gaulle, parce qu’il est unique, a déjà tiré plus de coups de catapulte que le Foch et parcouru plus de distance que le Clemenceau, en vingt-cinq ans de service actif. Ainsi, une prolongation au-delà de 2040 supposerait un quatrième ATM, dont le coût s’élèverait à 2 milliards d’euros d’après les informations recueillies par le député, pour un bénéfice mince.

Le député rappelle toutefois que la prolongation du SNA Rubis au-delà de 2018 n’a duré que quatre ans. Il ajoute que ce qui a été possible pour un sous-marin ne l’est pas forcément pour un porte-avions, dont les chaufferies nucléaires sont davantage sollicitées. Pour lui, la prolongation ne serait qu’une « solution très temporaire et particulièrement coûteuse ». La seule solution consisterait donc à construire un second porte-avions de nouvelle génération.

Environ 30 % moins cher, à commander en 2029

« Logiquement, ce coût devrait être inférieur à celui du France Libre », explique Yannick Chenevard, pour deux raisons. D’une part, le premier navire supporte tous les coûts de développement. D’autre part, l’effet de série réduit le coût de la construction du deuxième exemplaire, de ses chaufferies et de ses systèmes d’armes.

Ainsi, pour profiter de cet effet de série, le gouvernement devrait notifier la commande en 2029 au plus tard. Le député a obtenu confirmation que les Chantiers de l’Atlantique pourraient le construire, à condition que ce chantier suive celui du France Libre. Selon lui, si un paquebot s’intercalait, les économies d’échelle seraient moindres. À Toulon, un second porte-avions n’exige pas de deuxième bassin. Le second quai est en partie prévu dans les travaux de Milhaud 7, car le dragage permettrait sa construction dès les travaux initiaux.

Deux porte-avions, mais pas forcément deux groupes aéronavals

Par ailleurs, aligner deux porte-avions n’impose pas de disposer de deux groupes aéronavals. Yannick Chenevard dénonce une confusion sur ce point : un deuxième groupe supposerait une frégate multimissions, une frégate de défense aérienne, un sous-marin nucléaire d’attaque, un bâtiment ravitailleur de forces et des aéronefs embarqués. Seule une intervention simultanée sur deux théâtres l’exigerait. Or il ne s’agit ici que d’assurer une permanence d’alerte, donc ce cas ne se pose pas.

En revanche, le groupe aérien embarqué pourrait évoluer, en raison des besoins de maintien en condition opérationnelle des aéronefs. « Une flottille supplémentaire de douze Rafale Marine et l’acquisition de deux nouveaux Hawkeye pourraient être nécessaires », a admis le député.

Ce qu’il faut retenir

  • Un second porte-avions de nouvelle génération coûterait environ 30 % de moins que le France Libre, hors infrastructures, selon Yannick Chenevard.
  • Ainsi, le chiffre reste à préciser par les études de coûts attendues au Parlement en 2028.
  • Par ailleurs, prolonger le Charles de Gaulle au-delà de 2040 supposerait un quatrième ATM, à 2 milliards d’euros selon le député.
  • De plus, le gouvernement devrait notifier la commande en 2029 au plus tard pour profiter de l’effet de série.
  • Enfin, deux porte-avions n’imposent pas deux groupes aéronavals, mais peut-être douze Rafale Marine et deux Hawkeye de plus.

Questions fréquentes

Combien coûterait un second porte-avions de nouvelle génération ?

Environ 30 % de moins que le France Libre, hors infrastructures, selon le député Yannick Chenevard. Des études de coûts doivent encore préciser ce chiffre.

Il faut au moins deux porte-avions pour assurer une permanence d’alerte aéronavale. Prolonger le Charles de Gaulle ne la réglerait que temporairement.

En 2029 au plus tard, selon le député, pour profiter de l’effet de série. Les Chantiers de l’Atlantique pourraient le construire s’il suit le France Libre.

Pas nécessairement. Seule une intervention simultanée sur deux théâtres l’exigerait. Une flottille de douze Rafale Marine et deux Hawkeye pourraient toutefois être nécessaires.

Les plus lus

Devenez partenaire

Vous cherchez une visibilité auprès des décideurs défense ?

Lancer un nouveau produit ou service • Renforcer votre crédibilité • Augmenter votre visibilité

Nos emplacements publicitaires sont disponibles pour les acteurs de la défense.

À lire aussi

Devenez partenaire

Vous cherchez une visibilité auprès des décideurs défense ?

Lancer un nouveau produit ou service • Renforcer votre crédibilité • Augmenter votre visibilité

Nos emplacements publicitaires sont disponibles pour les acteurs de la défense.