Frappe longue portée : la Suède muscle son arsenal avec des HIMARS américains

Système lance roquette HIMARS

Pour la Suède, l’acquisition de capacités de frappe à longue portée reste une priorité. Le pays n’en a en effet jamais possédées jusqu’ici. Le général Michael Claesson, chef d’état-major des forces armées suédoises, avait déjà expliqué l’enjeu de cette capacité. Il s’agirait de pouvoir exposer un éventuel agresseur au risque de devoir se défendre sur son propre territoire. Cela impliquerait de frapper ses infrastructures et ses zones de rassemblement.

L'initiative ELSA et les missiles Taurus allemands

C’est la raison pour laquelle Stockholm a adhéré à l’initiative ELSA (European Long-Range Strike Approach). Paris, Rome, Berlin, Varsovie et Londres y participent aussi. Cette initiative vise à développer des capacités de frappe à très longue portée, au-delà de 1 000 km.

En attendant, le ministère suédois de la Défense a négocié un achat important. Il s’agit de missiles de croisière air-sol KEPD-350 Taurus, auprès de l’Allemagne. Cette négociation est passée par l’administration du matériel des armées (FMV, Försvarets materielverk). Un avion de combat JAS-39 Gripen C a d’ailleurs récemment tiré une munition de ce type. Sa portée atteint 500 km. L’objectif reste de prononcer une capacité opérationnelle initiale, avant 2028.

Une autorisation américaine en mars

La Suède a par ailleurs fait part de son intention d’acquérir des lance-roquettes multiples (LRM). Il s’agit du type M142 HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System). Cette acquisition passerait par Lockheed Martin, via le dispositif FMS (Foreign Military Sales).

En mars, le Bureau des affaires politico-militaires du département d’État a autorisé la Suède à se procurer vingt systèmes. Certaines munitions associées en faisaient aussi partie, pour un montant estimé à un peu plus de 800 millions d’euros. La livraison de missiles PrSM (Precision Strike Missile), d’une portée de 500 km, n’était toutefois pas comprise dans ce devis.

Un accord conclu pour 630 millions d'euros

Les négociations contractuelles ont été rapidement menées. Ce 7 septembre, le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, a annoncé l’acquisition du M142 HIMARS. Le montant de cet accord s’élève à environ 7 milliards de couronnes suédoises. Cela représente un peu plus de 630 millions d’euros. Le nombre de systèmes commandés n’a pas été précisé. Les premières livraisons sont prévues en 2027.

Saab et Lockheed Martin s'associent pour la GLSDB

Dans le même temps, Saab et Lockheed Martin ont signé un protocole d’accord. L’objectif est de permettre, éventuellement, une nouvelle capacité. Les futurs M142 HIMARS suédois pourraient ainsi utiliser des bombes de petit diamètre, lancées depuis le sol (GLSDB). Ce protocole vise aussi à coproduire d’autres types de munitions. Des missiles intercepteurs, dédiés au système de défense aérienne Patriot, en font partie.

Pour rappel, la GLSDB est ainsi le fruit d’une coopération scellée entre Saab et Boeing. D’une portée de 150 km, elle associe une bombe GBU-39 SDB (Small-Diameter Bomb) à un moteur fusée M26.

Une coopération avec la Finlande dans les feux dans la profondeur

Au-delà de la commande de M142 HIMARS, le ministère suédois de la Défense a évoqué un autre sujet. Une coopération avec la Finlande, dans le domaine des feux dans la profondeur, en fait ainsi partie.

Pour rappel, l’armée finlandaise avait envisagé de se procurer des M142 HIMARS, avant d’y renoncer. Elle a finalement préféré moderniser ses lance-roquettes multiples M270 MLRS, en les portant au standard A2.

« Les mêmes munitions et composants », selon le ministère suédois

Le ministère suédois a rappelé un point technique important à ce sujet. La Finlande posséderait des MLRS, utilisant « les mêmes munitions et composants que le HIMARS ». La coopération nouée avec le voisin finlandais porterait sur plusieurs volets. La formation et le développement des compétences en feraient partie, tout comme la maintenance, ainsi que la sécurité des approvisionnements et de la production.

« La Suède assume sa responsabilité », selon Jonson

Selon Pål Jonson, l’achat de ces lance-roquettes multiples démontrerait un engagement clair. « La Suède assume sa responsabilité en matière de sécurité en Europe ». La déclaration conjointe avec la Finlande viserait à renforcer les capacités, la maintenance et la sécurité d’approvisionnement de ces systèmes. Ensemble, les deux pays développeraient ainsi des capacités essentielles pour la défense collective de l’Otan.

L'offre française du MdCN sera « évaluée »

Quant à l’offre française concernant le missile de croisière naval (MdCN), elle va être évaluée de très près. Cette offre avait été faite à l’occasion de la commande de quatre frégates de défense et d’intervention (FDI), par Stockholm.

« Nous restons ouverts à cette possibilité », selon Jonson

Les leçons tirées de la guerre en Ukraine montreraient un point crucial. Il resterait nécessaire de disposer aussi de ce type de capacité de frappe de précision à longue portée, selon le ministre suédois. « Nous restons donc ouverts à cette possibilité », a-t-il confié à Breaking Defense, la semaine passée. La plateforme actuellement développée, la FDI, resterait toutefois principalement dédiée à la défense aérienne et à la lutte anti-sous-marine.

Ce qu'il faut retenir

  • La Suède a annoncé, le 7 septembre, l’acquisition de lance-roquettes M142 HIMARS américains, pour environ 630 millions d’euros.
  • Cette acquisition s’ajoute à l’achat de missiles Taurus allemands, ainsi qu’à la participation suédoise à l’initiative européenne ELSA.
  • Saab et Lockheed Martin ont signé un accord pour intégrer la bombe GLSDB aux futurs HIMARS suédois.
  • Stockholm a aussi noué une coopération avec la Finlande, sur la maintenance et les munitions communes de ces systèmes.
  • L’offre française de missiles de croisière navals, pour les nouvelles frégates suédoises, reste actuellement à l’étude.

Questions fréquentes

Combien coûte l'acquisition suédoise de lance-roquettes M142 HIMARS ?

Cet accord a été annoncé le 7 septembre, par le ministre suédois de la Défense Pål Jonson. Il s’élève à environ 7 milliards de couronnes suédoises, soit un peu plus de 630 millions d’euros, avec des premières livraisons prévues en 2027.

C’est l’European Long-Range Strike Approach. Cette initiative européenne réunit la Suède, la France, l’Italie, l’Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni, visant à développer des capacités de frappe à très longue portée.

L’armée finlandaise avait envisagé cette acquisition, avant d’y renoncer. Elle a préféré moderniser ses lance-roquettes multiples M270 MLRS existants au standard A2, tout en développant une coopération technique avec la Suède.

Rien n’est encore décidé. Cette offre française, faite dans le cadre de la commande de frégates FDI, reste actuellement en cours d’évaluation par les autorités suédoises.

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