Indo-Pacifique : le Pentagone demande des milliards pour contrer la marine chinoise

Selon un rapport révélé par Bloomberg, l'Indo-Pacific Command demande des milliards de dollars pour des armes antinavires, des mines et des missiles hypersoniques.
Navires de guerres de l'APL chinoise

Le commandement des forces américaines pour l’Indo-Pacifique demande au Congrès des milliards de dollars pour renforcer ses capacités de combat face à la Chine. L’information provient d’un rapport confidentiel révélé par l’agence Bloomberg, sur lequel s’appuie un article de BFM TV.

Ce rapport, daté du 6 avril et signé de l’amiral Samuel Paparo, identifie 2027 comme une échéance clé pour la préparation militaire chinoise.

Un rapport de 121 pages transmis au Congrès

Le rapport de l’Indo-Pacific Command, long de 121 pages, a été transmis au Congrès américain. Selon le document cité par Bloomberg et repris par BFM TV, l’Armée populaire de libération (APL) de la Chine « subit une expansion historique dans tous les domaines ».

L’amiral Samuel Paparo, chef de l’Indo-Pacific Command, indique que l’APL s’entraîne à deux missions principales :

  • Imposer l’unification avec Taïwan.
  • Contrer les capacités de défense des États-Unis et de leurs alliés.

L’objectif de préparation militaire chinoise est fixé à 2027, date hautement symbolique puisqu’elle marquera le centenaire de l’APL. Selon BFM TV, cette affirmation tranche toutefois avec une note des services de renseignement américains plus nuancée, publiée plus tôt cette année.

Un contexte diplomatique complexe

Le rapport intervient dans un contexte particulier. En mai 2026, Donald Trump s’est rendu en Chine. Selon ses propos cités par BFM TV, il s’est appliqué à ne pas froisser son homologue Xi Jinping sur la question de Taïwan.

Quelques jours plus tard, l’administration américaine a annoncé une pause dans l’approbation des livraisons d’armes à Taïwan. Cette pause s’inscrit dans le contexte de la guerre en cours entre les États-Unis et l’Iran. En coulisses, selon le rapport, Washington chercherait néanmoins à renforcer sa capacité de dissuasion face à la Chine.

Le programme Quicksink, une bombe-torpille à bas coût

Le rapport demande 592 millions de dollars pour le développement et l’acquisition du système Quicksink. Développé par Boeing, ce module de guidage s’ajoute aux bombes JDAM guidées par GPS.

Quicksink module de guidage développé par Boeing

Un effet de torpille à bas coût

Le Quicksink transforme des bombes aériennes guidées classiques en armes antinavires. Au lieu d’utiliser un missile spécialisé, le concept consiste à équiper une bombe d’un kit de guidage. Cette bombe peut alors atteindre un navire en mouvement et provoquer une explosion au niveau ou sous la ligne de flottaison.

Cette méthode cherche à reproduire l’effet destructeur d’une torpille. L’explosion sous-marine génère une onde de choc et une bulle de gaz, qui soulèvent puis déforment la coque du navire. L’objectif est de briser sa quille et d’entraîner son naufrage.

Une réponse à la supériorité numérique chinoise

Selon le rapport, ces kits doivent permettre de contrer les flottes adverses numériquement supérieures dans l’Indo-Pacifique. La référence à la Chine est transparente. D’après le Service de recherche du Congrès cité par BFM TV, Pékin possède aujourd’hui la plus grande marine du monde, avec plus de 430 navires. L’US Navy n’aligne, pour sa part, que 291 bâtiments de combat.

La guerre des mines sous-marines

Le second axe stratégique concerne le contrôle des voies maritimes. Le Pentagone réclame 531 millions de dollars pour le programme Quickstrike, une famille de mines larguées par avion en eaux peu profondes.

L’amiral Paparo met également en avant une initiative plus secrète, la Clandestine Delivered Mine (mine à déploiement clandestin). Ce programme utilise les capacités de lancement des sous-marins américains en service. Selon le rapport, il doit permettre aux États-Unis de déployer clandestinement des champs de mines dans des zones clés.

De nouvelles mines, baptisées Hammerhead (requin-marteau), viendront compléter ce dispositif. Ancrées au fond de la mer, elles utilisent des capteurs avancés pour détecter les menaces. Elles lancent ensuite de manière autonome une torpille légère de type Mk 54.

Hypersoniques, guerre électronique et communications

Le rapport demande par ailleurs des financements importants pour les technologies de pointe. Plusieurs lignes de dépenses sont détaillées :

  • 3 milliards de dollars pour doter l’Army et la Navy de missiles hypersoniques.
  • Plus d’un milliard de dollars pour le missile de croisière hypersonique de l’Air Force.
  • 951 millions de dollars pour l’arme de frappe hypersonique à bas coût Blackbeard (Barbe Noire).

Le rapport mentionne aussi le programme Cancun, conçu pour fournir des contre-mesures électroniques contre les radars transhorizon chinois. Il évoque enfin le déploiement de Darknet, un système de communication ultra-sécurisé destiné aux forces américaines.

Un vote attendu à la fin de l'été

Ces investissements ne constituent pour l’heure que des projections. Leur réalisation dépendra de l’approbation du budget de l’année fiscale 2027, qui devrait être voté à la fin de l’été.

Cette demande s’inscrit dans la hausse budgétaire portée par l’administration Trump, qui réclame un budget militaire de 1 500 milliards de dollars au Congrès.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Indo-Pacific Command demande au Congrès des milliards de dollars pour contrer la marine chinoise.
  • L’information provient d’un rapport de 121 pages, daté du 6 avril, révélé par Bloomberg.
  • Selon le rapport, l’APL chinoise vise 2027 comme échéance de préparation militaire.
  • Le programme Quicksink (Boeing) transforme des bombes JDAM en armes antinavires à bas coût.
  • Le rapport demande aussi des financements pour des mines marines et des missiles hypersoniques.
  • Le vote du budget de l’année fiscale 2027 est attendu à la fin de l’été.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'Indo-Pacific Command ?

L’Indo-Pacific Command est le commandement militaire des forces des États-Unis dans la zone indo-pacifique. Il est dirigé par l’amiral Samuel Paparo. Il a transmis un rapport de 121 pages au Congrès américain, dans lequel il demande des financements pour renforcer ses capacités face à la Chine.

Le Quicksink est un module de guidage développé par Boeing. Il transforme des bombes JDAM guidées par GPS en armes antinavires à bas coût. La bombe explose au niveau ou sous la ligne de flottaison d’un navire, pour reproduire l’effet destructeur d’une torpille.

Selon le rapport de l’Indo-Pacific Command, 2027 marque l’échéance que la Chine s’est fixée pour la préparation militaire de l’APL. Cette date est hautement symbolique, puisqu’elle correspond au centenaire de l’Armée populaire de libération.

D’après le Service de recherche du Congrès américain, la marine chinoise compte plus de 430 navires. L’US Navy, pour sa part, n’aligne que 291 bâtiments de combat, soit environ 140 unités de moins.

Les plus lus

À lire aussi