Le groupe espagnol Indra coordonne le programme de R&D SHIMBAD (SHIpborne MultiBand AESA Demonstrator). Objectif : développer le premier radar 4D multibande entièrement européen, destiné aux navires militaires.
Selon Indra, ce capteur doit renforcer les capacités de surveillance et de protection des navires contre plusieurs types de menaces. Sont notamment visés les missiles hypersoniques, les attaques par drones et les engins de surface sans équipage.
L'essentiel en quelques lignes
Un radar 4D AESA multibande pour les navires européens
Le programme SHIMBAD vise à concevoir, fabriquer et valider un prototype évolutif d’antenne 4D AESA (Active Electronically Scanned Array). La particularité du système : il sera capable d’opérer simultanément sur plusieurs bandes de fréquences.
Selon Indra, cette caractéristique distinctive permet trois fonctions :
- Une surveillance aérienne étendue.
- Un suivi (tracking) de haute précision.
- Des fonctions avancées de protection électronique.
L’architecture AESA retenue est décrite par Indra comme intégrée, numérique et modulaire. Selon le groupe, la gestion simultanée et coordonnée de plusieurs bandes doit permettre de couvrir toute la chaîne d’engagement avec un système unique : détection, suivi, puis engagement de la cible.
Le démonstrateur technologique qui sortira du projet permettra, selon Indra, d’évaluer en environnement opérationnel réel les capacités avancées d’une architecture présentée comme représentative de l’état de l’art des systèmes radars modernes.
Les menaces visées : hypersoniques, drones, navires sans équipage
Le radar est conçu pour faire face à plusieurs catégories de menaces. Selon Indra, les capacités du système couvrent :
- Les missiles hypersoniques et les missiles rasants (sea-skimming).
- Les drones aériens.
- Les engins de surface sans équipage (uncrewed surface vessels).
Le système est conçu comme multifonction. Il doit pouvoir réaliser plusieurs missions simultanées : surveillance et suivi de menaces aériennes et de surface, guidage et contrôle des projectiles et missiles amis, et fonctionnement intégré au sein de réseaux de combat collaboratif.
Le radar est également pensé pour les opérations en zone côtière. Selon Indra, il doit améliorer les capacités de combat littoral en optimisant la détection des petites cibles à basse altitude ou en surface, tout en réduisant les effets du fouillis côtier (coastal clutter). Sa capacité à guider plusieurs missiles simultanément lui permet de répondre aux attaques en saturation.
La déclaration d'Indra
María del Mar Pomares, directrice du développement commercial naval pour les coopérations UE et OTAN chez Indra, est citée dans le communiqué :
« Nous développons l’architecture de ce qui deviendra le capteur central des futurs navires de guerre européens : un système multifonction et multibande capable de mener à bien la surveillance aérienne et de surface, le suivi des menaces, l’appui à la conduite de tir et le fonctionnement avec une haute résistance aux interférences électroniques. Tout cela sera intégré dans les futures architectures de combat collaboratif européennes, permettant une supériorité en conscience de situation et une précision extrêmement élevée dans la détection et l’anticipation de la réponse. »
Un consortium européen soutenu par la Marine espagnole
Le programme rassemble, selon Indra, les principaux constructeurs européens de radars. Il bénéficie d’un soutien marqué de la Marine espagnole. Cette dernière, selon le communiqué, pousse l’initiative comme un élément clé de la définition de ses futurs besoins opérationnels.
Du point de vue industriel, le programme est présenté comme un projet stratégique. Selon Indra, il vise à renforcer la souveraineté et l’autonomie technologiques européennes dans le domaine naval. Au-delà de l’avancée technique, l’alliance industrielle cherche à établir un cadre commun. L’objectif affiché est de faciliter l’interopérabilité et l’évolution future des systèmes déployés par les marines européennes.
Indra et son rôle dans les programmes européens de défense
Selon le communiqué, SHIMBAD vient renforcer la position d’Indra comme moteur des grands projets stratégiques européens de R&D&i (recherche, développement et innovation).
Depuis le lancement des premiers programmes promus par la Commission européenne via le Fonds européen de la défense et les initiatives préparatoires, Indra a pris part à plus de 90 projets. Le groupe en a piloté 13, dont des initiatives jugées stratégiquement significatives pour la défense du continent.
Présentation d'Indra
Indra est, selon le communiqué, la multinationale espagnole de référence et l’une des principales sociétés mondiales dans les domaines de la défense, du trafic aérien et de l’espace. Le groupe se présente comme un partenaire technologique pour les opérations critiques et la digitalisation de ses clients à travers le monde.
Indra fait partie d’Indra Group. À la clôture de l’exercice 2025, le groupe a déclaré 5 457 millions d’euros de revenus. Il dispose d’une présence locale dans 46 pays et d’opérations commerciales dans plus de 140 pays.
Ce qu'il faut retenir
- Indra coordonne le programme européen SHIMBAD pour développer le premier radar 4D multibande entièrement européen.
- Le coût total du programme est estimé à 42,5 M€, dont 29,4 M€ financés par la Commission européenne.
- Le programme relève du Fonds européen de la défense.
- Le radar utilisera une antenne 4D AESA capable d’opérer simultanément sur plusieurs bandes de fréquences.
- Menaces visées : missiles hypersoniques, missiles rasants, drones, engins de surface sans équipage.
- Le système est multifonction : surveillance, suivi, guidage de missiles, intégration au combat collaboratif.
- La Marine espagnole soutient activement le programme.
- Indra a participé à plus de 90 projets européens de défense, en pilotant 13.












