Le programme d’armement 2026 a été dévoilé en mars dernier. Le département suisse de la Défense, de la Protection de la population et des sports (DDPS) y avait fait une demande importante. Il avait sollicité 1,87 milliard de francs suisses, soit environ 2 milliards d’euros, pour acquérir différents systèmes de défense aérienne.
Deux batteries IRIS-T SLM supplémentaires
Cette enveloppe devait notamment financer l’achat de deux batteries IRIS-T SLM de moyenne portée supplémentaires, auprès de l’allemand Diehl Defence. Ce contrat représentait un milliard de francs suisses, cinq unités ayant déjà été commandées.
L’objectif était double, selon le DDPS. Il s’agissait d’être en mesure de « couvrir une plus grande surface du territoire et de protéger davantage d’infrastructures critiques ». Le nombre de missiles disponibles devait aussi augmenter, pour durer face aux menaces à distance.
Le système Oerlikon Skynex pour la courte portée
Pour la défense aérienne à courte portée, le programme d’armement prévoyait l’acquisition du système Oerlikon Skynex. Ce système, développé par Rheinmetall Air Defence AG, représentait 800 millions de francs suisses. Il était enfin question de consacrer 70 millions aux capacités de lutte antidrone (LAD).
Un radar pour remplacer le TAFLIR
Dans un autre domaine, le DDPS avait aussi demandé 150 millions de francs suisses. Cette somme devait permettre de se procurer un « radar semi-stationnaire de moyenne portée », pour remplacer le système TAFLIR.
Le crédit demandé devait ainsi permettre une commande rapide des systèmes nécessaires. L’objectif était d’éviter une lacune capacitaire de longue durée, après la mise hors service du TAFLIR.
Une rallonge de 970 millions de francs suisses demandée
Moins de six mois après, les crédits demandés pour lancer ces programmes d’acquisition se sont révélés insuffisants. Le gouvernement suisse, ou Conseil fédéral, l’a lui-même admis, via un communiqué diffusé le 19 août.
Le gouvernement demande donc au Parlement une rallonge de 970 millions de francs suisses, soit environ 1 milliard d’euros. Cette rallonge doit permettre de garantir les délais de livraison. Ces délais concernent les acquisitions destinées à la défense aérienne, conformément au message sur l’armée 2026.
Des capacités de production saturées
Le contexte sécuritaire a fortement fait progresser la demande, en matière de moyens de défense aérienne. Cette hausse sature désormais les capacités de production, pour plusieurs années. Les délais de livraison s’en trouvent ainsi allongés, a d’abord relevé le Conseil fédéral.
Le gouvernement suisse en a d’ailleurs déjà fait l’expérience, avec les systèmes Patriot commandés auprès des États-Unis.
Des acomptes substantiels exigés par les industriels
Les industriels exigent aussi de plus en plus souvent des acomptes substantiels, a poursuivi le Conseil fédéral. Sans ces acomptes, certaines acquisitions urgentes pourraient être retardées de plusieurs années. D’où la rallonge budgétaire demandée par le gouvernement.
Le détail des acomptes demandés
Cette rallonge se répartirait de plusieurs manières. Des acomptes de 250 millions de francs suisses seraient versés pour les systèmes Oerlikon Skynex. Les batteries IRIS-T SLM en recevraient 650 millions. Le radar de moyenne portée bénéficierait de 60 millions, et les capacités de lutte antidrone de 10 millions.
« Les menaces les plus probables pour la Suisse »
Ces acomptes doivent permettre de garantir les livraisons dans les délais prévus. Ils doivent aussi permettre la mise en place des procédures d’engagement de la défense sol-air. Leur entraînement en dépend aussi, a insisté le Conseil fédéral.
Le gouvernement avait rappelé le contexte sécuritaire. Selon lui, « les actions hybrides et les attaques à distance constituaient les menaces les plus probables ». Cela vaudrait pour la Suisse.
Ce qu'il faut retenir
- La Suisse demande une rallonge de 970 millions de francs suisses. Cela représente environ 1 milliard d’euros, pour financer sa défense aérienne.
- Cette rallonge complète le programme d’armement 2026, initialement chiffré à 1,87 milliard de francs suisses.
- Le gouvernement invoque la saturation des capacités de production mondiales, et l’exigence croissante d’acomptes substantiels par les industriels.
- Les principaux bénéficiaires de cette rallonge sont les batteries IRIS-T SLM (650 millions) et le système Oerlikon Skynex (250 millions).
- Le Conseil fédéral juge les actions hybrides comme l’une des menaces les plus probables pour la Suisse. Les attaques à distance en font aussi partie.
Questions fréquentes
Pourquoi la Suisse demande-t-elle une rallonge budgétaire pour sa défense aérienne ?
Selon le Conseil fédéral, la demande mondiale en systèmes de défense aérienne a fortement augmenté. Cela sature les capacités de production des industriels, qui exigent désormais des acomptes substantiels pour garantir les délais de livraison.
Quels systèmes de défense aérienne la Suisse prévoit-elle d'acquérir ?
La Suisse prévoit d’acquérir deux batteries IRIS-T SLM supplémentaires. Le système Oerlikon Skynex complètera la défense à courte portée. Un radar de moyenne portée remplacera le TAFLIR, aux côtés de nouvelles capacités de lutte antidrone.
Quel est le montant total de cette rallonge budgétaire ?
Le Conseil fédéral demande au Parlement suisse une rallonge de 970 millions de francs suisses. Ce montant représente environ 1 milliard d’euros, en complément du programme d’armement 2026.
Quelles menaces justifient cet effort de défense aérienne selon la Suisse ?
Selon le Conseil fédéral, les actions hybrides et les attaques à distance constitueraient aujourd’hui les principales menaces. Elles resteraient les plus probables pour la Suisse.









