Des chercheurs chinois ont mis au point un système de navigation capable d’utiliser les étoiles, pour guider des missiles hypersoniques. Ce système entrerait en jeu lorsque les systèmes satellitaires, comme le GPS ou Beidou, sont brouillés ou indisponibles.
Un projet validé par l'Académie de recherche aérospatiale du Guangdong
Ce projet est ainsi mené par l’Académie de recherche aérospatiale du Guangdong. Il a passé avec succès son examen final, lundi. C’est ce qu’indique un rapport publié par l’académie, le 10 août.
Un enjeu stratégique pour les armes hypersoniques
L’enjeu est de permettre à ces armes de conserver une navigation précise, malgré les perturbations des systèmes satellitaires. Ces engins évoluent à plus de Mach 5, soit environ 6 000 km/h. Les armes hypersoniques restent particulièrement difficiles à intercepter. Leur guidage autonome constitue ainsi un enjeu stratégique majeur.
Ce principe rappelle celui utilisé autrefois par les navigateurs. Ces derniers s’orientaient grâce aux étoiles, avant l’apparition des systèmes électroniques modernes.
Le Fattah iranien et le DF-17 chinois
Les armes hypersoniques nécessitent aujourd’hui des systèmes de navigation particulièrement autonomes et précis. L’Iran a récemment mis en avant ses missiles Fattah. Ils seraient capables d’atteindre des vitesses de « Mach 13 à 15 », pour une portée d’environ 1 400 kilomètres. Ces missiles auraient été employés lors des frappes iraniennes contre Israël, en juin 2025. Ils auraient aussi servi dans le conflit plus récent au Moyen-Orient.
La Chine dispose ainsi elle aussi de plusieurs armes hypersoniques. Le DF-17, un missile balistique à moyenne portée, en fait ainsi partie. Il est en effet équipé du planeur hypersonique DF-ZF, capable de manœuvrer à très grande vitesse. Cette manœuvrabilité complique ainsi son interception, et lui permettrait de viser des cibles terrestres ou navales, à portée régionale.
Un guidage « astronomique »
Combiner rapidité, précision et résistance au brouillage reste un défi. Selon le South China Morning Post, les chercheurs chinois poursuivent un objectif précis. Ils cherchent à permettre aux engins hypersoniques de continuer à se repérer avec précision. Cela vaudrait même lorsque les systèmes satellitaires sont perturbés. C’est là qu’intervient cette « navigation astronomique ».
Le principe reste assez simple. Il s’agit d’utiliser la position des étoiles. Cela permet de déterminer où se trouve un véhicule, et dans quelle direction il se déplace. Contrairement au GPS, cette méthode ne dépend d’aucun satellite. Elle résisterait ainsi aux brouillages électromagnétiques. Elle pourrait ainsi servir de système de secours, pour maintenir une navigation précise lorsque les systèmes classiques deviennent indisponibles.
Un capteur conçu pour résister aux perturbations du vol hypersonique
Cette technique reste toutefois difficile à mettre en œuvre en conditions réelles. Le vol hypersonique provoque en effet de fortes perturbations. Les chercheurs chinois ont ainsi développé un capteur, capable de repérer les étoiles malgré ces interférences.
Selon Interesting Engineering, les chercheurs ont d’abord créé des bases de données et des logiciels, pour anticiper ces perturbations. Ils ont ensuite mis au point un prototype, dont les premiers tests semblent prometteurs. Ce capteur reconnaîtrait correctement les étoiles dans plus de « 99 % » des cas sans perturbation. Ce taux resterait encore supérieur à « 80 % » des cas, lorsque les interférences sont fortes.
Une technologie déjà utilisée par les États-Unis et la France
Le guidage stellaire n’est cependant pas une nouveauté dans les forces armées. Les États-Unis disposent déjà de telles capacités. La France aussi, avec son projet « Vision ».
Lancé en 2016, ce projet vise à développer un système de navigation par visée stellaire diurne. Il doit permettre aux aéronefs de combat de se repérer, sans dépendre des signaux GPS. Bien avant l’ère des instruments électroniques, les marins utilisaient déjà des outils comme le sextant. Ils observaient ainsi les astres pour déterminer leur position, notamment grâce à l’étoile Polaire.
Ce qu'il faut retenir
- Des chercheurs chinois ont développé un système de navigation stellaire pour missiles hypersoniques. L’Académie de recherche aérospatiale du Guangdong l’a validé le 10 août.
- Ce système doit permettre à ces armes de rester précises, même lorsque le GPS ou Beidou sont brouillés ou indisponibles.
- Le capteur développé reconnaîtrait les étoiles dans plus de 99 % des cas sans perturbation. Ce taux resterait de 80 % avec de fortes interférences.
- La Chine dispose déjà d’armes hypersoniques comme le DF-17, tandis que l’Iran met en avant son missile Fattah.
- Le guidage stellaire n’est pas nouveau. Les États-Unis et la France, avec son projet Vision, disposent déjà de capacités similaires.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la navigation astronomique appliquée aux missiles hypersoniques ?
Pourquoi ce système intéresse-t-il particulièrement les armes hypersoniques ?
La France ou les États-Unis disposent-ils de technologies similaires ?
Quelles sont les autres armes hypersoniques mentionnées dans ce dossier ?
Deux exemples sont cités dans ce dossier. Il s’agit du DF-17 chinois, équipé du planeur DF-ZF, et du missile iranien Fattah, présenté comme capable d’atteindre Mach 13 à 15 sur environ 1 400 kilomètres.










