Dans les années 2000, la Direction générale de l’armement (DGA) affichait des effectifs conséquents. Elle comptait entre 13 000 et 14 000 agents, civils et militaires. Le budget des armées restait alors loin du niveau qu’il a atteint aujourd’hui.
Une DGA à effectifs réduits depuis la RGPP
Une révision majeure a marqué la période suivante. Sous l’effet de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), initiée en 2008, les effectifs de la DGA ont été significativement réduits. Ils se sont ensuite stabilisés aux alentours de 10 600 personnels. Dix-sept pour cent d’entre eux restent des militaires.
Une centaine de programmes d'armement en cours
Or, les crédits de la mission Défense connaissent une hausse continue depuis 2017. Cette hausse devrait d’ailleurs se poursuivre dans les années à venir. La DGA connaît ainsi un surcroît d’activité, avec une centaine de programmes d’armement en cours. Autant de projets de recherche mettent aussi à contribution ses centres d’essais et d’expertise, de manière croissante.
De nouveaux domaines à couvrir, du cyber au quantique
La DGA doit par ailleurs soutenir l’innovation, en s’investissant dans des domaines toujours plus nombreux. Le cyber, l’espace, l’intelligence artificielle et le quantique en font partie. L’accompagnement des entreprises de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) s’y ajoute aussi. La préparation de l’avenir et le soutien aux exportations en font également partie, ce dernier ayant atteint des niveaux inégalés ces dernières années.
Une réactivité accrue exigée, notamment sur l'antidrone
La DGA doit aussi se montrer plus réactive. L’objectif est de permettre aux forces de trouver des solutions le plus rapidement possible. Le domaine de la lutte antidrone l’a d’ailleurs récemment illustré.
Un appel à la vigilance lancé par Patrick Pailloux
En clair, les effectifs de la DGA peinent à suivre le rythme. D’où un appel à la vigilance, lancé par le Délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux. Il l’a formulé lors d’une audition au Sénat, en mai dernier.
10 700 agents, dont 8 000 à l'ingénierie
La question des ressources humaines resterait essentielle, avait d’abord souligné M. Pailloux. La DGA compterait 10 700 agents, dont 8 000 à la direction de l’ingénierie et de l’expertise. Il s’agirait d’un vrai défi, nécessitant un effort permanent.
Recruter facile, fidéliser plus difficile
La DGA n’aurait, en revanche, aucune peine à recruter. Elle rencontrerait toutefois des difficultés pour fidéliser son personnel. Ses sujets resteraient aujourd’hui plutôt attirants, les jeunes étant à la recherche de sens, avait-il expliqué. Recruter ne poserait donc pas de problème ; la difficulté résiderait plutôt dans le maintien des équipes.
Le logement en Île-de-France, un frein à la fidélisation
La question du logement, en particulier en Île-de-France, figurait parmi les raisons avancées par M. Pailloux pour expliquer ce problème de fidélisation. Les jeunes resteraient contents d’être à Paris, mais le logement deviendrait trop cher en vieillissant, avait-il relevé. La surcharge de travail constituerait une autre raison, selon lui.
Un budget qui a doublé sans effectifs suffisants
Le budget de la Défense aurait doublé, mais les effectifs n’auraient pas suivi, restant ultra-chargés, avait-il ainsi affirmé. Des équipes en souffrance seraient repérées, au vu du nombre de contrats à traiter. L’an dernier, un record avait été atteint, avec 38 milliards d’euros de commandes, mais il s’agissait alors de gros objets. Cette année, davantage de commandes seraient encore passées, mais avec un plus grand volume de contrats distincts.
« La mère des batailles », selon Pailloux
Le manque de personnel pourrait aussi avoir des conséquences notables. L’expertise de la DGA serait concernée, et donc les programmes qu’elle doit gérer. Une vigilance particulière resterait nécessaire, sur les éventuelles lacunes d’expertise. Sur chaque sujet clé, au moins deux personnes devraient être disponibles. Ce sujet crucial des ressources humaines resterait, selon M. Pailloux, « la mère des batailles ».
Ce qu'il faut retenir
- La DGA compte aujourd’hui environ 10 700 agents. Ils étaient entre 13 000 et 14 000 dans les années 2000, malgré une forte hausse du budget de la Défense.
- Le Délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, a alerté le Sénat. La charge de travail de ses équipes serait devenue ultra-chargée.
- La DGA n’a pas de difficulté à recruter, ses sujets restant attractifs pour les jeunes. Elle peine toutefois à fidéliser son personnel.
- Le coût du logement en Île-de-France, ainsi que la surcharge de travail, expliqueraient en partie ce problème de fidélisation.
- Patrick Pailloux a qualifié la question des ressources humaines de « mère des batailles » pour la DGA. Des lacunes d’expertise possibles sont en jeu.
Questions fréquentes
Pourquoi les effectifs de la DGA sont-ils sous tension aujourd'hui ?
Le budget de la Défense a fortement augmenté depuis 2017. Une centaine de programmes d’armement sont désormais en cours, alors que les effectifs de la DGA sont restés stables autour de 10 700 agents, contre 13 000 à 14 000 dans les années 2000.
Pourquoi la DGA a-t-elle du mal à fidéliser son personnel ?
Selon Patrick Pailloux, la DGA n’a pas de difficulté à recruter grâce à des sujets attractifs. Elle peine toutefois à garder ses équipes, notamment à cause du coût élevé du logement en Île-de-France et d’une charge de travail croissante.
Combien de commandes la DGA a-t-elle traitées récemment ?
L’an dernier, la DGA a établi un record avec 38 milliards d’euros de commandes. Il s’agissait principalement de gros objets, un volume qui devrait encore augmenter cette année, avec davantage de contrats distincts à traiter.
Quels nouveaux domaines la DGA doit-elle désormais couvrir ?
Au-delà des programmes d’armement traditionnels, la DGA doit désormais s’investir dans le cyber, l’espace, l’intelligence artificielle et le quantique. Elle doit aussi accompagner les entreprises de la base industrielle et technologique de défense.










