En novembre dernier, via son magazine interne Naval Review, Naval Group a fait une annonce notable. Son « Lanceur Modulaire Polyvalent » a depuis été rebaptisé « Rampart », pour des raisons commerciales. Il allait prochainement faire l’objet d’une campagne d’essais terrestres. Il serait ensuite mis en œuvre par un navire de la Marine nationale.
Un système qui réunit plusieurs lanceurs en un seul
Naval Group a dévoilé le Rampart lors de l’édition 2023 du salon EuroNaval. Il réunit, en un seul système, plusieurs lanceurs de munitions ou de leurres. En clair, résume l’industriel, il « marque la fin de la logique traditionnelle ‘un lanceur par type d’arme’ ».
Concrètement, le Rampart se compose de plusieurs modules de munitions interchangeables. Roquettes, missiles, drones, grenades sous-marines et leurres en font partie. Il peut ainsi être configuré selon les besoins opérationnels. L’intuition de Naval Group aurait été simple. Il fallait mettre au point un dispositif capable de répondre à différents types de menaces, de manière proportionnée à leurs coûts.
Des essais réussis au camp de Canjuers en juin
En juin, l’industriel s’est félicité du succès des essais du Rampart. L’équipe a mené ces essais au camp militaire de Canjuers, dans le Var. L’équipe a réalisé cette séquence de tirs avec des roquettes guidées laser et non guidées de 68 mm, en configuration sol-sol. Elle « confirme les performances de notre démonstrateur ainsi que la pertinence d’une approche modulaire », a-t-il expliqué.
Restait alors à passer à l’étape suivante : les essais en mer. Ceux-ci seront probablement menés à l’occasion du prochain exercice de lutte antidrone Wildfire, organisé par la Marine nationale.
Un PHA Mistral appareillé avec le Rampart installé à bord
Des photographies récemment diffusées sur les réseaux sociaux le confirmeraient. L’un des trois porte-hélicoptères amphibies (PHA) de type Mistral aurait appareillé de la base navale de Toulon. Un système Rampart y serait installé, sur son flanc tribord.
Pour rappel, l’armement d’un PHA de type Mistral reste assez limité, pour assurer l’autoprotection d’un bâtiment de cette importance. Celui-ci se compose en effet de seulement deux canons de 20 mm téléopérés. Quatre mitrailleuses de 12,7 mm s’y ajoutent. Deux systèmes surface-air à très courte portée SIMBAD, dotés de missiles MISTRAL, complètent cet armement.
Avec le Rampart, un PHA aurait donc théoriquement une capacité de tir élargie. Il pourrait tirer des roquettes de 68 mm, des missiles antinavires Martlet, voire aussi des Akeron MP. Des missiles surface-air MISTRAL et Piorun compléteraient cet arsenal.
« Une rupture opérationnelle », selon Naval Group
À bord d’un navire, le Rampart peut fonctionner de manière autonome. Il peut aussi être contrôlé depuis le système de gestion de combat (CMS). Quand une menace est détectée et identifiée comme telle, sa tourelle se met en position. Elle tire alors une munition, voire plusieurs, censée atteindre une cible en mouvement grâce à des calculateurs de tir.
D’après Naval Group, ce système apporterait un avantage décisif. Il « apporte une rupture opérationnelle, avec la capacité à se reconfigurer facilement et rapidement » en cours de mission. La quantité inédite de munitions qu’il peut tirer y contribuerait aussi, avec un emport d’armes d’une tonne. Tout cela sans nécessité de retour dans une base navale partenaire.
Ce qu'il faut retenir
- Naval Group aurait installé le lanceur modulaire Rampart, dévoilé à EuroNaval 2023, sur un porte-hélicoptères amphibie Mistral. Ses premiers essais en mer sont attendus prochainement.
- Ce système réunit plusieurs types de munitions interchangeables au sein d’un seul lanceur. Il met ainsi fin à la logique traditionnelle d’un lanceur par type d’arme.
- Des essais terrestres réussis ont déjà eu lieu en juin, au camp militaire de Canjuers. L’équipe y a utilisé des roquettes guidées et non guidées de 68 mm.
- Les PHA de type Mistral, à l’armement actuellement limité, pourraient ainsi gagner une capacité de tir élargie, incluant missiles antinavires et surface-air.
- Les essais en mer devraient probablement se dérouler lors du prochain exercice de lutte antidrone Wildfire, organisé par la Marine nationale.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le lanceur Rampart développé par Naval Group ?
C’est un lanceur modulaire polyvalent, dévoilé au salon EuroNaval 2023. Il peut intégrer différents types de munitions interchangeables (roquettes, missiles, drones, leurres) au sein d’un seul système, plutôt qu’un lanceur dédié par type d’arme.
Pourquoi l'armement des porte-hélicoptères amphibies Mistral est-il jugé limité ?
Un PHA de type Mistral ne dispose actuellement que de deux canons de 20 mm téléopérés. Quatre mitrailleuses de 12,7 mm et deux systèmes surface-air à très courte portée SIMBAD complètent cet armement, jugé insuffisant pour l’autoprotection d’un navire de cette importance.
Quels types de munitions le Rampart pourrait-il tirer une fois installé sur un PHA ?
Il pourrait théoriquement tirer des roquettes de 68 mm, des missiles antinavires Martlet ou Akeron MP. Des missiles surface-air MISTRAL et Piorun s’y ajouteraient aussi, selon la configuration des modules installés.
Quand les essais en mer du Rampart devraient-ils avoir lieu ?
Ces essais devraient probablement se dérouler lors du prochain exercice de lutte antidrone Wildfire, organisé par la Marine nationale. Cela suivrait le succès des essais terrestres menés en juin au camp de Canjuers.












