Italie : un document laisse penser que l’Aeronautica Militare s’intéresse à l’A400M

Avion de transport C-130J Hercules de la force aérienne italienne en vol

L’Aeronautica Militare, la force aérienne italienne, s’intéresse à l’A400M Atlas d’Airbus. Selon OPEX360, une photographie publiée le 29 octobre par l’ambassade du Royaume-Uni en Italie montre un document intitulé « Airbus A400M for Italy ». Toutefois, ce document ne prouve pas qu’une commande se prépare. La revue italienne RID invite à la prudence.

À lire aussi : A400M : sept pays européens lancent une flotte multinationale sous l’égide de l’Otan

Un document photographié lors d’une rencontre avec la RAF

Les clichés datent d’une rencontre en Sardaigne entre les chefs d’état-major de l’Aeronautica Militare et de la Royal Air Force. Sur l’un d’eux, on distingue un document intitulé « Airbus A400M for Italy ». Selon l’ambassade britannique, la rencontre portait notamment sur « les opportunités de renforcer la coopération future dans le domaine de la mobilité aérienne ». Selon OPEX360, l’achat éventuel d’A400M pourrait donc figurer dans un prochain « document programmatique pluriannuel ».

La revue italienne RID tempère cependant cette lecture. Elle juge séduisant d’en déduire que l’Aeronautica Militare évalue l’avion d’Airbus, car ce besoin existe depuis longtemps et la flotte de C-130J accumule de nombreuses heures de vol. En revanche, elle doute qu’un « processus d’acquisition » existe, même de manière officieuse. Selon elle, le document concernerait plutôt des discussions sur la location d’heures de vol d’A400M britanniques par l’Italie. Elle évoque aussi un possible échange d’heures de vol sur T-346, en attendant le choix du futur avion d’entraînement avancé britannique.

Les C-130J italiens bientôt à remplacer

À la fin des années 1990, Rome participait au projet européen « Future Large Aircraft », devenu l’A400M. Il était alors question de seize appareils pour l’Aeronautica Militare. Toutefois, le gouvernement de Silvio Berlusconi s’est ravisé peu avant la signature d’un protocole d’accord entre sept pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Espagne et Turquie). Il a préféré commander vingt-deux C-130J Hercules à Lockheed Martin, complétés par douze C-27J Spartan.

Depuis, un accident a détruit l’un de ces C-130J en 2009, et l’Italie a mis huit exemplaires en réserve, en vue de les revendre. La flotte est en service depuis bientôt trente ans, et la question de son remplacement va donc bientôt se poser. Pour l’instant, le ministère italien de la Défense n’a lancé aucun programme à cette fin, car la priorité va à la modernisation des C-130J encore en service. En juillet, Lockheed Martin et Leonardo ont d’ailleurs signé un accord pour faire de l’Italie un futur pôle régional de maintien en condition opérationnelle de ces appareils.

En juin, La Tribune avait rapporté que l’Aeronautica Militare s’intéressait à l’A400M et envisageait d’en acquérir au moins quatorze pour remplacer ses C-130J. D’après le journal, l’achat bute surtout sur une question de budget, à l’image de la France. L’Italie, qui s’est retirée du programme A400M pour privilégier des solutions américaines, doit trouver des marges financières.

Un appareil qui séduit davantage de pays européens

Ces derniers mois, Embraer a remporté plusieurs marchés en Europe avec son C-390 Millennium, parfois aux dépens de l’A400M. Pourtant, l’avion d’Airbus intéresse un nombre croissant de pays soucieux de remplacer leurs C-130 Hercules ou de renforcer leur transport aérien tactique. En juillet, l’Otan a annoncé une flotte multinationale d’A400M avec sept États membres, dont la Croatie et la Pologne, qui n’en possèdent pas encore. La Pologne envisageait d’en acheter au moins dix grâce à l’instrument financier SAFE.

Le Danemark étudie aussi cette option pour remplacer ses C-130J, comme l’explique notre article sur l’A400M en lice au Danemark. Rien n’est décidé, car deux autres options, l’achat de C-390 ou de C-130J neufs, font aussi l’objet d’études. De son côté, le Royaume-Uni met déjà l’A400M en œuvre, comme le montre l’envoi d’un A400M en Arabie saoudite.

Ce qu’il faut retenir

  • Une photographie du 29 octobre montre un document intitulé « Airbus A400M for Italy », selon OPEX360.
  • Ainsi, l’intérêt de l’Aeronautica Militare pour l’A400M se confirme, sans preuve d’une commande prochaine.
  • Par ailleurs, La Tribune évoquait en juin au moins quatorze appareils pour remplacer les C-130J.
  • De plus, la revue RID pense plutôt à des discussions sur des heures de vol d’A400M britanniques.
  • Enfin, le ministère italien de la Défense n’a lancé aucun programme de remplacement.

Questions fréquentes

L’Italie va-t-elle acheter des A400M ?

Rien ne le confirme à ce stade. Un document intitulé « Airbus A400M for Italy » figure sur une photographie, mais le ministère italien de la Défense n’a lancé aucun programme de remplacement des C-130J.

Selon La Tribune, au moins quatorze, pour remplacer ses C-130J.

À la fin des années 1990, le gouvernement italien s’est retiré peu avant la signature du protocole d’accord. Il a préféré commander vingt-deux C-130J à Lockheed Martin.

Elle doute qu’un processus d’acquisition existe. Elle évoque plutôt des discussions sur la location d’heures de vol d’A400M britanniques.

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