Le drone de combat censé accompagner le Rafale F5 pourrait ne pas être de conception française. Selon OPEX360, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a parlé du projet de drone de combat furtif (UCAV) au passé devant le Sénat. Elle a évoqué à la place l’exploration de plusieurs concepts de drones, avec une expérimentation associant un chasseur et un drone de combat collaboratif (CCA) en 2028.
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Un UCAV annoncé en 2024, sans contrat
En octobre 2024, conformément à la loi de programmation militaire 2024-2030, le ministère des Armées avait annoncé le développement d’un UCAV furtif pour accompagner le Rafale F5. Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, estimait qu’il « contribuera à la supériorité technologique et opérationnelle des ailes françaises à partir de 2033 ». Cet UCAV devait s’appuyer sur le programme nEUROn, qui avait donné le premier démonstrateur technologique européen de drone de combat. Selon Dassault Aviation, il devait incorporer des technologies de furtivité, de contrôle autonome avec l’humain dans la boucle et d’emport en soute.
Pourtant, au 1er juillet, Dassault Aviation attendait toujours un contrat. Éric Trappier a confié devant le Sénat « une petite déception » : « nous n’avons pas encore lancé de drone de combat ». Il a invoqué les contraintes budgétaires et des évolutions, tout en jugeant le drone « complémentaire de l’avion de combat ». Par ailleurs, aucun des premiers contrats que la DGA a notifiés cet été pour le développement du Rafale F5 ne concernait cet UCAV.
L’armée de l’Air s’intéresse aux CCA
Par ailleurs, l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) s’intéresse aussi aux drones de combat collaboratif, qui n’entrent pas dans la même catégorie. Le général Jérôme Bellanger, son chef d’état-major, les décrit comme des plateformes « un peu plus importantes » que les drones actuels, destinées à créer la brèche dans les défenses aériennes ennemies. En outre, ils auront au moins un certain niveau de furtivité, de l’armement, et seront réutilisables, sans coûter le prix d’un avion de chasse. L’UCAV dérivé du nEUROn « incarnera le très haut du spectre des CCA », avait-il précisé.
Ainsi, quelques semaines avant ces contrats, la DGA avait émis une demande d’informations à l’industrie, pour préparer l’éventuelle acquisition de CCA. Ces drones pourraient mener des missions air-air, air-sol et air-surface, de reconnaissance et de ciblage, de guerre électronique et de destruction des défenses aériennes ennemies (SEAD).
La ministre évoque désormais l’UCAV au passé
Lors d’une audition au Sénat sur le projet de loi de finances 2027, Catherine Vautrin a déclaré que les retours d’expérience des conflits actuels avaient conduit à « explorer l’ensemble des concepts de drones candidats à cet accompagnement ». Ainsi, selon elle, la demande d’informations internationale de la DGA a permis de recueillir des réponses industrielles cet été. En outre, une étude précise les apports opérationnels et les scénarios d’emploi, pour travailler sur une phase d’expérimentation impliquant un chasseur et un CCA en 2028. OPEX360 y voit une allusion au projet HypAIRion de l’AAE.
Faut-il en déduire que l’État a abandonné l’UCAV au profit de l’acquisition de CCA, qu’aucun industriel français ne propose pour le moment ? La ministre n’a rien dit de plus. Cependant, les principaux CCA sont aujourd’hui américains : Vectis de Lockheed Martin, YFQ-48 Talon Blue de Northrop Grumman, MQ-28A Ghost Bat de Boeing, YFQ-42 de General Atomics, YFQ-44 Fury d’Anduril et XQ-58A Valkyrie de Kratos. En Europe, Helsing a développé le CA-1 Europa, en espérant séduire l’AAE.
Ce qu’il faut retenir
- Catherine Vautrin a parlé au passé du projet d’UCAV furtif censé accompagner le Rafale F5, selon OPEX360.
- Ainsi, Dassault Aviation attendait toujours un contrat au 1er juillet, et aucun des premiers contrats du Rafale F5 ne le concernait.
- Par ailleurs, la DGA a émis une demande d’informations sur les CCA, et la ministre évoque une expérimentation chasseur-CCA en 2028.
- De plus, les principaux CCA sont américains, tandis que Helsing propose le CA-1 Europa en Europe.
- Enfin, la ministre n’a pas dit si l’État renonçait à l’UCAV.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’UCAV du Rafale F5 ?
C’est un drone de combat furtif annoncé en 2024, issu du programme nEUROn de Dassault Aviation. Il devait accompagner le Rafale F5 à partir de 2033.
Où en est ce projet ?
Dassault Aviation attendait toujours un contrat au 1er juillet. La ministre des Armées en parle désormais au passé, sans préciser si l’État y renonce.
Quelle est la différence entre un UCAV et un CCA ?
Selon le général Bellanger, les CCA sont des plateformes collaboratives réutilisables, moins chères qu’un chasseur. L’UCAV dérivé du nEUROn incarnerait le très haut du spectre des CCA.
Que prévoit le ministère pour 2028 ?
Une phase d’expérimentation impliquant un chasseur et un CCA, après une étude sur les apports opérationnels et les scénarios d’emploi.











