À partir du 1er juillet 2026 et pour une durée d’un an, la France prendra le commandement des composantes terrestres et logistiques de la Force de réaction alliée (ARF) de l’OTAN.
Le ministère des Armées a présenté les enjeux de cette prise de commandement lors d’un point presse, le 4 juin 2026. Deux officiers généraux ont détaillé le dispositif.
Un engagement renforcé dans la défense de l'espace euro-atlantique
Selon le ministère des Armées, la France réaffirme son engagement dans la défense de l’espace euro-atlantique face à la dégradation de l’environnement international. Pour l’armée de Terre, cet engagement se décline en plusieurs axes.
Le général de division Damien Wallaert, sous-chef d’état-major opérations aéroterrestres de l’armée de Terre, est cité par le ministère :
« Elle est d’abord présente avec la centaine de sous-officiers et officiers déployés dans les états-majors de l’OTAN. Notre déploiement permanent sur le flanc Est constitue le deuxième axe de notre présence. Enfin, l’article 5 du traité prévoit l’intervention des forces jusqu’au niveau corps d’armée en cas de crise majeure. »
Les forces s’entraînent au quotidien pour se tenir prêtes. Les exercices sont notamment conduits en Norvège, en Finlande et en Roumanie.
Deux commandements pris par la 3e division et le CALT
À partir du 1er juillet 2026, deux entités françaises prendront le commandement de leurs composantes respectives au sein de l’ARF :
- L’état-major de la 3e division prendra le commandement de la composante terrestre.
- Le Commandement de l’appui et de la logistique de théâtre (CALT) prendra la tête de la composante logistique.
Plusieurs milliers de soldats seront en alerte pendant un an. Les délais d’engagement varieront de quelques heures à quelques jours.
Selon le général Wallaert, cette mission illustre la mise au service de l’OTAN des compétences françaises pour renforcer la défense collective de l’Europe.
408 critères d'évaluation
Le déploiement en urgence d’une force multinationale ne s’improvise pas. Les combattants ont bénéficié de dix-huit mois de préparation avant leur évaluation finale. Celle-ci a été conduite en décembre 2025 et conditionnait leur certification, selon 408 critères d’évaluation.
Le général de division Nicolas Filser, commandant du CALT, est cité par le ministère :
« Il a fallu développer des compétences individuelles grâce à des formations proposées par l’OTAN et acculturer le personnel à l’environnement otanien. Nous avons également dû nous approprier les systèmes d’information et les systèmes d’information logistiques de l’OTAN. »
Selon le général Filser, la préparation a également comporté un volet relationnel. Plusieurs contacts ont été noués avec les interlocuteurs de la chaîne logistique nationale et otanienne. Des déplacements ont par ailleurs été conduits dans les pays où les forces françaises pourraient être déployées.
Une opportunité d'interopérabilité
Selon le ministère des Armées, l’ARF constitue pour l’armée de Terre une opportunité de rehausser son niveau d’interopérabilité avec les armées alliées.
Ce qu'il faut retenir
- La France prend le commandement de deux composantes de la Force de réaction alliée (ARF) de l’OTAN.
- La prise de commandement débute le 1er juillet 2026 pour une durée d’un an.
- L’état-major de la 3e division commande la composante terrestre.
- Le CALT prend la tête de la composante logistique.
- Plusieurs milliers de soldats seront en alerte, avec des délais d’engagement de quelques heures à quelques jours.
- Les forces ont été certifiées en décembre 2025 selon 408 critères d’évaluation.









