L’Inde a émis un appel d’offres pour se procurer 60 avions militaires de transport pour 9 milliards d’euros

Embraer, Lockheed Martin, Iliouchine : les géants étrangers devront s'associer à un partenaire indien pour espérer ce contrat.
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En matière de transport aérien, l’Indian Air Force (IAF) dispose déjà d’une flotte diversifiée. Elle compte une douzaine de C-130J Hercules, ainsi que onze Boeing C-17 Globemaster III. Au moins seize des quarante C-295 commandés sont aussi déjà en service.

Une flotte vieillissante à renouveler

L’IAF exploite aussi une flotte importante, mais vieillissante, d’Antonov AN-32 et d’Iliouchine Il-76. Elle entend remplacer ces appareils, dans le cadre du programme MTA (Medium Transport Aircraft). L’IAF avait adressé une demande d’information (RFI) aux industriels potentiellement intéressés, dès 2023.

À l’époque, trois modèles d’avions étaient pressentis. Il s’agissait du C-390 d’Embraer, du C-130J de Lockheed Martin, et de l’A400M d’Airbus. La capacité de transport de ce dernier atteint 37 tonnes. Elle restait toutefois supérieure à celle figurant dans le cahier des charges de l’IAF, situé entre 18 et 30 tonnes.

Un appel d'offres de 9 milliards d'euros

Le 12 août, le ministère indien de la Défense a franchi une étape supplémentaire. Cela intervient trois ans après avoir émis cette RFI. Il a lancé un appel d’offres, afin d’acquérir soixante nouveaux avions de transport multirôles. Le montant de ce contrat atteindrait environ 9 milliards d’euros.

Des exigences opérationnelles précises

Le texte de cet appel d’offres n’est pas public. Il faut donc s’en remettre à la presse indienne, qui y a eu accès. Selon elle, l’IAF veut un avion capable de transporter une charge comprise entre 18 et 30 tonnes. Le char léger Zorawar, qui pèse 26 tonnes, illustre bien ce besoin.

Cet avion devrait aussi pouvoir utiliser des pistes courtes et non aménagées. Il devrait enfin pouvoir opérer depuis des terrains d’atterrissage avancés (ALG), comme ceux établis au Ladakh et dans l’Arunachal Pradesh.

Une procédure réservée aux industriels indiens

La particularité de cette procédure tient à son public. Elle ne s’adresse en effet qu’à des industriels indiens. À charge ensuite pour eux de nouer des coopérations, avec un fabricant d’équipement d’origine (OEM). Il s’agit du constructeur de l’avion susceptible d’être proposé.

L’objectif est de mettre en place une chaîne d’assemblage en Inde. Des centres de maintenance, de réparation et de révision (MRO) devront aussi y être établis. Tata Advanced Systems, Hindustan Aeronautics Limited (HAL), Mahindra Defence et Adani Defence ont ainsi été sollicités.

40 à 60 % de composants fabriqués localement

Cet appel d’offres s’inscrit dans la politique « Make in India ». Il rejoint aussi l’initiative « Aatmanirbhar Bharat » (« Inde autosuffisante »). Douze avions seront livrés clefs en main. Les autres devront être assemblés en Inde, avec 40 % à 60 % de composants fabriqués localement.

Des partenariats déjà noués

Pour le moment, Mahindra Defence s’est déjà rapproché du brésilien Embraer, pour proposer son C-390 Millennium. Tata Advanced Systems est déjà partenaire d’Airbus, pour produire les C-295 commandés par l’IAF. L’entreprise en a fait de même avec Lockheed Martin.

Il est enfin avancé que HAL aurait une intention précise. L’entreprise chercherait à sceller un accord avec le conglomérat russe UAC, et plus particulièrement avec Iliouchine. L’objectif serait de relancer le développement de l’Il-214. Ce programme avait été abandonné en 2016, en raison de désaccords entre New Delhi et Moscou.

Le sort des Il-76 encore incertain

Il n’est pas clair si le programme MTA vise seulement à remplacer les AN-32. Il pourrait aussi concerner les dix-sept Il-76 de l’IAF. Ces derniers appareils affichent un gabarit supérieur. Ils pourraient donc être remplacés par des A400M, à l’occasion d’un autre appel d’offres.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Inde a lancé, le 12 août, un appel d’offres de 9 milliards d’euros, pour soixante avions de transport militaires multirôles.
  • Cet appel d’offres ne s’adresse qu’à des industriels indiens, qui devront s’associer à un constructeur étranger pour produire localement.
  • Douze avions seront livrés clefs en main. Les autres devront être assemblés en Inde, avec 40 % à 60 % de composants locaux.
  • Mahindra Defence s’est déjà rapproché d’Embraer, et Tata Advanced Systems de Lockheed Martin, pour répondre à cet appel d’offres.
  • Le sort des dix-sept Il-76 de l’IAF reste incertain, ces derniers pouvant faire l’objet d’un appel d’offres distinct.

Questions fréquentes

Quels avions l'Inde souhaite-t-elle remplacer avec le programme MTA ?

Le programme vise à remplacer la flotte vieillissante d’Antonov AN-32 de l’Indian Air Force. Il pourrait aussi concerner ses Iliouchine Il-76.
Il s’inscrit dans la politique « Make in India » et l’initiative « Aatmanirbhar Bharat ». Ces programmes visent à développer la production locale. Les industriels indiens doivent s’associer à un constructeur étranger, pour produire les avions en Inde.
Trois partenaires étrangers sont évoqués pour l’instant. Il s’agit d’Embraer (via Mahindra Defence), de Lockheed Martin (via Tata Advanced Systems), et potentiellement du conglomérat russe UAC via Iliouchine, avec HAL.

Selon la presse indienne, l’appareil devrait pouvoir transporter une charge comprise entre 18 et 30 tonnes. Il devrait aussi opérer depuis des pistes courtes, non aménagées, ou des terrains d’atterrissage avancés.

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