Le Conseil fédéral suisse a restreint le choix de son second système de défense aérienne aux deux systèmes SAMP/T NG (France) et Barak MX (Israël). Selon OPEX360, cette décision, annoncée le 28 octobre 2026, constitue une surprise : la presse suisse attendait plutôt un duel entre le SAMP/T NG et le L-SAM sud-coréen. Le gouvernement maintient par ailleurs l’achat des cinq systèmes Patriot.
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Un choix restreint à deux systèmes
En mai, dans le cadre du programme Bodluv GR2, l’Office fédéral de l’armement (Armasuisse) a sollicité cinq industriels : Diehl Defence (IRIS-T SLX), Hanwha Aerospace (L-SAM), Rafael (David’s Sling), Israel Aerospace Industries (Barak MX) et le consortium franco-italien Eurosam (SAMP/T NG), que la Suisse avait écarté au profit du Patriot. En septembre, Diehl Defence est sorti rapidement de la course. La presse suisse a alors rapporté que le choix se ferait très probablement entre le SAMP/T NG et le L-SAM, car les chances des deux industriels israéliens semblaient minces, pour des raisons politiques, voire industrielles.
Le Conseil fédéral a pourtant décidé, « au vu des aspects techniques, militaires, de politique d’armement et de politique de sécurité », de restreindre la sélection au Barak MX et au SAMP/T NG. Il a aussi chargé le département de la Défense (DDPS) de prendre en compte, avec plusieurs autres départements fédéraux, des aspects de politique étrangère et de politique économique. Le DDPS avait précisé que l’industriel retenu devrait, dans la mesure du possible, produire à moyen terme en Suisse ou en Europe les missiles et les systèmes de conduite, ou au moins leurs composants critiques.
Patriot : des retards et la fin du FMS
Ce choix s’inscrit dans un contexte de méfiance après l’affaire des F-35A. Martin Pfister, chef du DDPS, a laissé entendre que son département n’avait « plus le droit à l’erreur ». Urs Loher, directeur d’Armasuisse, a indiqué au quotidien Neue Zürcher Zeitung que la Suisse évitera à l’avenir, autant que possible, la procédure américaine « Foreign Military Sales » (FMS). Selon lui, en cas de conflit sur le prix fixe, il n’existe pas de juridiction compétente. De plus, la Suisse ne peut pas s’opposer à une redirection des livraisons par Washington, et le dispositif ne prévoit aucune pénalité en cas de retard.
Pour les cinq systèmes Patriot, confirmés en 2022 pour 2,3 milliards de francs suisses, la Suisse ne devrait pas les recevoir avant cinq à sept ans, avec d’importants surcoûts. « L’Allemagne recevra les unités qui nous étaient destinées », a expliqué Urs Loher. Il a ajouté que la Suisse récupérerait au moins une partie des acomptes déjà versés. Il a laissé entendre que l’annulation de la commande n’était pas totalement exclue. Le Conseil fédéral l’a toutefois maintenue : « Abandonner l’acquisition du Patriot sans système de remplacement n’est pas une option dans la situation actuelle. » En août, Berne avait déjà demandé un milliard d’euros de plus pour sa défense aérienne.
Ce qu’il faut retenir
- Le Conseil fédéral suisse a restreint le choix du second système de défense aérienne au SAMP/T NG et au Barak MX, le 28 octobre 2026.
- Ainsi, le L-SAM sud-coréen, évoqué par la presse suisse, ne figure pas parmi les deux finalistes.
- Par ailleurs, l’industriel retenu devrait produire en Suisse ou en Europe tout ou partie des composants critiques.
- De plus, la Suisse recevrait ses Patriot dans cinq à sept ans, avec des surcoûts, selon Urs Loher.
- Enfin, le Conseil fédéral maintient l’achat des cinq Patriot.
Questions fréquentes
Quels systèmes restent en lice en Suisse ?
Le SAMP/T NG français d’Eurosam et le Barak MX israélien d’Israel Aerospace Industries, selon la décision du Conseil fédéral du 28 octobre 2026.
Pourquoi cette décision est-elle une surprise ?
La presse suisse attendait plutôt un duel entre le SAMP/T NG et le L-SAM sud-coréen. Les chances des deux industriels israéliens semblaient minces.
Que devient l’achat des Patriot ?
Le Conseil fédéral le maintient. La Suisse ne devrait toutefois pas les recevoir avant cinq à sept ans, selon le directeur d’Armasuisse.
Qu’est-ce que la procédure FMS ?
C’est la procédure américaine de vente d’équipements militaires, qui délègue la gestion du projet au gouvernement américain. Armasuisse veut l’éviter à l’avenir.











