Le président Macron effectuera une visite à Stockholm, le 31 août. Cette visite sera l’occasion de signer un accord de partenariat « renforcé » en matière de défense. Elle permettra aussi de confirmer un achat important. La Suède prévoit d’acquérir quatre frégates de défense et d’intervention (FDI, classe Ronarc’h), auprès de Naval Group. Cette intention avait déjà été manifestée en mai dernier.
Le programme Luleå, encore incomplet en mai
À l’époque, le ministère suédois de la Défense n’avait pas précisé l’équipement et l’armement prévus à bord de ces frégates. Il avait seulement indiqué que Saab et Bofors seraient impliqués dans ce programme, baptisé Luleå. Le maintien en condition opérationnelle (MCO) des navires serait, lui, assuré par un chantier naval local.
Les caractéristiques techniques de la FDI
La FDI affiche ainsi un déplacement de 4 500 tonnes, pour 122 mètres de long. Elle est dotée d’un sonar de coque KingKlip Mk2, ainsi que d’un sonar remorqué CAPTAS-4. La suite de guerre électronique « SENTINEL » et le système de communications navales « Aquilon » complètent son équipement. Une tourelle de 76 mm équipe aussi le navire, ainsi que des canons de 20 mm téléopérés. Des torpilles MU-90 et des missiles antinavires Exocet en font aussi partie.
Elle dispose surtout de systèmes de lancement vertical Sylver A50. Ces derniers lui permettent de tirer des missiles surface-air Aster 15 et Aster 30. Son armement peut enfin être complété avec des missiles de croisière navals (MdCN). C’est déjà l’option retenue par la Grèce, pour la quatrième unité qu’elle a commandée en novembre dernier.
Le Sylver A70, condition nécessaire pour les MdCN
Pour qu’une FDI puisse emporter des MdCN, une condition reste nécessaire. Il faut l’équiper avec des systèmes de lancement vertical Sylver A70. En 2020, l’amiral Pierre Vandier, alors chef d’état-major de la Marine nationale, avait plaidé en faveur de cette solution. Cette solution devait donner aux FDI des capacités renforcées. Elles seraient « équivalentes à celle des frégates multimissions [FREMM] en matière d’action vers la terre ». Faute de budget, cette solution avait toutefois été renvoyée à plus tard.
« Une affaire de dissuasion », selon le général Claesson
Une telle capacité ne pouvait qu’intéresser la Suède. L’une de ses priorités reste justement de se procurer des missiles à longue portée. Le général Michael Claesson, chef d’état-major des forces armées suédoises, l’avait expliqué en juin 2025. Il s’agirait avant tout d’une affaire de dissuasion. Cela permettrait non seulement de combattre sur le propre territoire suédois. Il serait aussi possible d’« exposer l’agresseur au risque de devoir se défendre sur le sien ».
La Suède déjà dotée de missiles Taurus et membre d'ELSA
C’est la raison pour laquelle la Suède a acquis des missiles de croisière air-sol KEPD-350 Taurus. Leur portée atteint 500 km. Elle a aussi rejoint l’initiative ELSA (European Long Strike Approach). La France, l’Italie, la Pologne, le Royaume-Uni et l’Allemagne en font aussi partie.
Paris propose d'équiper les FDI suédoises de MdCN
La commande de quatre FDI pourrait permettre aux forces suédoises de renforcer leurs capacités de frappe dans la profondeur. Le journal Les Échos l’a rapporté, ce 29 août. Paris a en effet proposé à Stockholm de doter ces navires de MdCN.
« Frappe dans la profondeur », selon l'Élysée
Ces FDI seraient équipées d’un armement de nature antiaérienne et antimissile balistique. Des capacités de torpilles s’y ajouteraient. Des capacités de missiles de croisière compléteraient aussi cet armement. Une telle frégate serait ainsi capable « de frappe dans la profondeur avec le missile de croisière naval », a indiqué l’Élysée.
Un missile jamais exporté, contrairement au Tomahawk
À ce jour, le MdCN n’a jamais été exporté. Cela le distingue du missile de croisière américain BGM-109 Tomahawk, déjà acquis par plusieurs forces navales européennes.
Le baptême du feu du MdCN en Syrie
Développé par MBDA, le MdCN a ainsi connu son baptême du feu lors de l’opération Hamilton. Cette opération était menée par la France, les États-Unis et le Royaume-Uni. Elle visait le programme chimique syrien, en avril 2018. Le missile équipe aussi six des huit FREMM de la Marine nationale. Les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) de la classe Suffren en sont aussi dotés.
Une version Mk2 dévoilée à Eurosatory
Lors de la dernière édition du salon de l’armement aéroterrestre Eurosatory, MBDA a dévoilé la version Mk2 du MdCN. Une déclinaison terrestre de ce missile, baptisée LCM, a aussi été présentée à cette occasion.
D’une portée supérieure à 1 000 km, ce MdCN-LCM Mk2 dispose d’un système antibrouillage de nouvelle génération. Sa discrétion resterait accrue, tout comme ses performances de vol et sa létalité, selon MBDA.
Ce qu'il faut retenir
- Paris a proposé à Stockholm d’équiper ses futures frégates FDI. Ces navires recevraient des missiles de croisière navals (MdCN), jamais exportés jusqu’ici.
- Cette proposition s’inscrit dans la visite du président Macron à Stockholm, le 31 août, pour un partenariat de défense renforcé.
- La Suède a commandé quatre FDI de classe Ronarc’h auprès de Naval Group, un programme baptisé Luleå.
- Pour emporter des MdCN, ces frégates devraient être équipées de systèmes de lancement vertical Sylver A70. Cette option reste repoussée, faute de budget.
- La Suède, déjà membre de l’initiative ELSA, cherche à renforcer ses capacités de frappe dans la profondeur. Cet effort vise notamment à faire face à la Russie.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le missile de croisière naval (MdCN) proposé à la Suède ?
C’est un missile de croisière développé par MBDA. Il équipe déjà les FREMM et les sous-marins nucléaires d’attaque français. Il n’a toutefois jamais été exporté à ce jour, contrairement au Tomahawk américain.
Pourquoi les frégates FDI suédoises ne peuvent-elles pas encore emporter de MdCN ?
Elles nécessiteraient des systèmes de lancement vertical Sylver A70. Cette capacité avait déjà été envisagée en 2020, par l’amiral Pierre Vandier, mais repoussée faute de budget suffisant.
Pourquoi la Suède s'intéresse-t-elle aux missiles à longue portée ?
Selon le général Michael Claesson, chef d’état-major des forces armées suédoises, il s’agit avant tout d’une logique de dissuasion. Cette logique permettrait d’exposer un éventuel agresseur, au risque de frappes sur son propre territoire.
Quelles sont les caractéristiques de la nouvelle version Mk2 du MdCN ?
D’une portée supérieure à 1 000 km, cette version a été dévoilée à Eurosatory. Elle dispose d’un système antibrouillage de nouvelle génération, ainsi que d’une discrétion accrue et de performances de vol améliorées.








