Les États-Unis et l’Allemagne scellent un rapprochement industriel dans l’armement

Rapprochement armement États-Unis Allemagne

La Commission européenne a élaboré des instruments financiers, pour aider les États membres à renforcer leurs capacités militaires. Ces derniers comportent des mesures visant à limiter les achats d’armes auprès de pays tiers. Les États-Unis, Israël ou la Corée du Sud sont notamment concernés. Plusieurs accords, ou protocoles d’accord, ont pourtant été récemment signés entre des industriels allemands et américains du secteur de l’armement.

Rheinmetall et Lockheed Martin s'associent pour l'ATACMS

Rheinmetall s’est ainsi associé à Lockheed Martin. L’objectif est de produire un missile précis en Allemagne. Il s’agit du missile semi-balistique sol-sol MGM-140 ATACMS (Army TACtical Missile System). Le lance-roquette multiple GMARS, dérivé du M142 HIMARS, serait aussi proposé sur le marché européen. Le groupe de Düsseldorf envisage aussi de coproduire, avec General Atomics, la nouvelle munition d’artillerie Vektrex.

Diehl, MBDA et Covenant Industries suivent le mouvement

Diehl Defence s’est, de son côté, rapproché de Raytheon. L’objectif est de fabriquer des missiles antiaériens Stinger, sur le sol allemand. Cela suit ainsi l’exemple de MBDA Deutschland, pour les missiles intercepteurs GEM-T. La semaine passée, l’israélo-américain Covenant Industries a aussi fait part de son intention. L’entreprise souhaite inaugurer une usine près de Leipzig. Son missile de croisière à bas coût, baptisé « Anthem », y serait produit.

Une lettre d'intention signée à Washington

Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, entend aller encore plus loin. Le 15 septembre, à Washington, il a signé une lettre d’intention avec son homologue américain, Pete Hegseth. L’objectif est d’établir une « coopération plus étroite dans le domaine de l’armement ».

« Les équipements pourront être produits en Allemagne », selon le texte

Plus précisément, ce texte stipule que « les équipements de défense pourront être produits en Allemagne ». Cela vaudrait si les capacités de production américaines s’avéraient insuffisantes, pour faire face à une forte demande.

« Une production accrue et plus rapide », selon Pistorius

Il s’agirait de se rapprocher, dans les domaines où existent des besoins mutuels, selon M. Pistorius. Chaque pays pourrait ainsi tirer profit de l’autre. Cela passerait par l’augmentation des capacités de son industrie de défense. Ce protocole d’accord créerait ainsi une base solide, pour une coopération plus étroite entre les deux nations. Son objectif resterait clair : accroître leur capacité de production.

Cette coopération industrielle renforcée ne présenterait, selon lui, que des avantages. Elle conférerait notamment à l’Allemagne des atouts précis. Il s’agirait d’« une production accrue et plus rapide, des stocks reconstitués et des chaînes d’approvisionnement optimisées ». Les forces armées allemandes en deviendraient ainsi globalement plus efficaces et mieux préparées, selon M. Pistorius.

« Fournir rapidement des systèmes performants », selon Hegseth

Pour M. Hegseth, l’enjeu serait de multiplier les opportunités de développement conjoint. La production et la fabrication sous licence en feraient aussi partie. Le renforcement des capacités de maintenance et de soutien y figurerait aussi. Cela correspondrait exactement à ce que les pays alliés devraient faire, selon lui. L’objectif resterait simple : « fournir rapidement et à grande échelle des systèmes performants aux forces alliées ».

« Un partenaire essentiel », selon le ministère allemand

Dans un communiqué évoquant ce déplacement de M. Pistorius à Washington, le ministère allemand de la Défense a souligné un point important. Les États-Unis resteraient un partenaire essentiel, pour le développement des capacités de la Bundeswehr. « L’Allemagne, en retour, crée des emplois aux États-Unis », a-t-il ajouté. Cela s’expliquerait notamment par les commandes importantes récemment passées par Berlin. Des avions de patrouille maritime P-8A Poseidon en font partie, tout comme des drones MQ-9B SeaGuardian, des chasseurs-bombardiers F-35A et des hélicoptères CH-47 Chinook.

Un renforcement de l'interopérabilité otanienne

Ce projet commun renforcerait aussi l’interopérabilité, c’est-à-dire la capacité des forces armées à coopérer entre elles. Les capacités de défense de l’Otan en bénéficieraient donc, par extension, selon le ministère allemand.

Une dépendance industrielle qui interroge

Cette dynamique soulève aussi une question de fond. Celle de la dépendance croissante de la Base industrielle et technologique de défense allemande, vis-à-vis des acteurs américains de l’armement.

Tomahawk et Typhon également évoqués

Enfin, M. Pistorius a évoqué la question des missiles de croisière Tomahawk et des lanceurs Typhon, avec le chef du Pentagone. Selon Politico, Berlin aurait prévu une enveloppe de 3,4 milliards d’euros, pour acquérir de tels systèmes. Ceux-ci donneraient à la Bundeswehr une capacité de frappe dans la profondeur.

Ce qu'il faut retenir

  • Boris Pistorius et Pete Hegseth ont signé, le 15 septembre à Washington, une lettre d’intention. L’objectif est de renforcer la coopération industrielle germano-américaine dans l’armement.
  • Plusieurs industriels allemands, dont Rheinmetall, Diehl Defence et MBDA Deutschland, ont déjà noué des partenariats. Des groupes américains comme Lockheed Martin et Raytheon en font partie.
  • Cet accord permettrait de produire certains équipements de défense en Allemagne, en cas d’insuffisance des capacités de production américaines.
  • Cette coopération intervient dans un contexte européen particulier. L’Europe cherche pourtant à limiter les achats d’armes auprès de pays tiers, dont les États-Unis.
  • Berlin envisage aussi l’acquisition de missiles de croisière Tomahawk et de lanceurs Typhon, pour une enveloppe estimée à 3,4 milliards d’euros.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la lettre d'intention signée entre Boris Pistorius et Pete Hegseth ?

C’est un accord établissant une coopération plus étroite dans le domaine de l’armement, entre l’Allemagne et les États-Unis. Il permet notamment de produire certains équipements de défense américains sur le sol allemand, en cas de forte demande.

Rheinmetall s’est associé à Lockheed Martin pour l’ATACMS et le GMARS. Diehl Defence a fait de même avec Raytheon pour les Stinger, tandis que MBDA Deutschland développe les missiles GEM-T, illustrant une dynamique de rapprochement industriel déjà bien engagée.

La Commission européenne cherche à limiter les achats d’armes auprès de pays tiers comme les États-Unis. L’Allemagne mise toutefois sur cette coopération, pour sécuriser ses approvisionnements et renforcer sa propre base industrielle de défense.

Berlin discute notamment de l’acquisition de missiles de croisière Tomahawk et de lanceurs Typhon. Cette enveloppe budgétaire, estimée à 3,4 milliards d’euros, viserait à doter la Bundeswehr d’une capacité de frappe dans la profondeur.

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